rapport de recherche

La crise entre l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte, Bahrein et le Qatar : un différend plus grave qu’il n’y parait

Pierre Conesa, Rapport de recherche n°22, novembre 2017

L’embargo contre le Qatar, déclenché par la coalition formée par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte et le Bahreïn le 5 juin 2017, est une des plus graves crises qu’aient connu les pays du Golfe et risque de mettre la France, et plus généralement les Européens, dans une situation difficile.

L’embargo total, commercial, aérien, maritime et humanitaire vise à faire plier Doha sur les 13 points de l’ultimatum associé, comprenant entre autres la fermeture de la chaine TV Al-Djazeera, l’arrêt des aides aux Frères musulmans – qualifiés de « groupe terroriste » -, l’expulsion des opposants, la fermeture de la base militaire turque… le tout associé à des contrôles et des pénalités.

Mais l’embargo semble se retourner contre ses auteurs : au Qatar, la panique a duré deux à trois jours, le temps nécessaire aux pays étrangers de fournir les approvisionnements en produits frais achetés traditionnellement en Arabie ; la Qatar National Bank a vu quelques investisseurs institutionnels et fonds de placement prendre les précautions d’usage mais le cours de la monnaie n’a pas varié ; enfin les produits importés étaient traditionnellement des réexportations depuis Dubaï, le hub commercial de la région, qui se trouve dorénavant privé de plus de 600 millions de dollars de trafic annuel. Les produits arrivent directement dans le port de Doha, jusque-là en souscapacité. Contre ces sanctions, le Qatar a joué le droit international saisissant l’OMC et l’OACI, et surtout décidant de ne pas couper le pipe-line Dolphin qui alimente Dubaï en gaz.

La crise qui a des racines anciennes ne semble pas pouvoir se régler par des négociations étant donné les personnalités des leader des trois principaux Etats impliqués. L’hypothèse de l’invasion militaire du Qatar semble exclue et la guerre de la communication que se livrent les trois pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en Occident et aux Etats-Unis ne parait pas décisive. Les échanges intra-golfiens sont limités. Reste alors l’hypothèse de la guerre commerciale par entreprises étrangères interposées comme cela a été évoqué par deux ambassadeurs émiratis à Washington et à Moscou. Les entreprises américaines étant par nature exclues du champ des sanctions, chacune des parties a des arguments soit commerciaux, soit capitalistiques pour contraindre les pays européens à prendre position, ce que ceux-ci doivent absolument éviter.

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