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TRIBUNE LIBRE N°57
DÉROUTE DE L'ETAT ISLAMIQUE AU SINAï ET DÉSINFORMATION DES MÉDIAS INTERNATIONAUX

07-07-2015

 

 

 

 

 

Chérif Amir (Egypte)

 

Docteur en géopolitique du Moyen-Orient et auteur du livre
Histoire secrète des Frères musulmans (Ellipses, Paris 2015).

 

 

 

 

Le 1er juillet 2015, au nord du Sinaï, les forces armées égyptiennes ont littéralement écrasé les terroristes de l'organisation « Etat islamique », soutenus par le Hamas, tuant 241 islamistes qui rêvaient de répéter le scénario de l'humiliation des armées irakienne et syrienne sur la terre des pharaons. Ils ont cru pouvoir créer une enclave islamique à Al-Arish et dans tout le nord du Sinaï, en attaquant simultanément quinze check points militaires à 06h55. Les terroristes, montés sur plusieurs dizaines de des de pick-up et de motos, étaient lourdement armés (mortiers, RPG, canons anti-aériens, etc.)

Mais leur rêve s'est transformé en cauchemar grâce à la férocité de la seule armée encore debout au Proche-Orient, dont les pertes à l'occasion de cet affrontement se sont élevées à vingt-quatre hommes seulement. Ils ont pour l'essentiel trouvé la mort en arrêtant l'avancée des véhicules 4x4 piégés qui devaient ouvrir la route aux terroristes et infliger de nombreuses pertes à l'armée égyptienne.

Pourtant, les médias internationaux - Al-Jazeera, AFP, BBC, Euronews - ont donné une version totalement faussée de ces événements, qu'il s'agisse de mensonges ou d'approximations dans la relation des faits, parlant de plus de 70 tués parmi les militaires et de la chute de nombreuses villes du Sinaï aux mains de l'organisation « Etat islamique ».

La situation a été en effet bien différente. Les nombreuses vidéos réalisées montrent les terroristes tentant - en vain - de fuir le champ de bataille face à l'infernale puissance de feu de l'armée égyptienne ; on y voit au moins trois pick-up remplis des cadavres de membres de l'Etat islamique.

L'armée égyptienne a également intercepté les SOS lancés par les terroristes sur les ondes : « Sauvez nous ! Sauvez nous ! Nous sommes blessés ! ». Ces appels, en dialecte palestinien et dans d'autres dialectes arabes, décrivaient la puissance de feu de l'armée égypienne comme l'enfer, frappant sans arrêt, sur tous les points de l'attaque.

Le 3 juillet, 48 heures après leur déroute, alors que les terroristes enterraient quarante de leurs morts qu'ils avaient pu récupérer - aucun de ces cadavres n'était complet ; tous n'étaient que des amas de chair en lambeaux - en présence de combattants rescapés et de certains de leurs leaders, l'armée a lancé une nouvelle attaque, faisant 70 morts dans leurs rangs.

Au-cours de cette même journée, vingt-quatre cadavres de commandants de l'Etat islamique tués dans les combats ont été découverts, ainsi que les corps de quatre militaires de l'armée égyptienne portés disparus la veille.

Suite à cette nouvelle découverte de corps de soldats tombés sur le champ de bataille, l'armée de l'air a ciblé à nouveau des éléments de l'organisation « Etat islamique » près des frontières avec Gaza, éliminant quarante-cinq terroristes supplémentaires. Les cadavres des terroristes ont été récupérés les militaires et ont été envoyés au Caire à des fins d'analyse pour déterminer les nationalités et les parcours de ces terroristes.

El-Sisi en uniforme : un message fort 

Le 4 juillet 2015, le président de la République Abdel Fattah El-Sisi a effectué une visite surprise dans le nord du Sinaï où se sont déroulés les affrontements avec l'Etat islamique et le Hamas. Pour la première fois depuis son élection, le chef de l'Etat égyptien a remis son uniforme pour s'entretenir avec les officiers et les soldats qui ont héroïquement combattu et ont éradiqué les éléments terroristes ayant tenté de s'infiltrer dans le pays. Le président El-Sisi a expliqué qu'il portait l'uniforme car l'Egypte était officiellement en guerre et qu'il souhaitait saluer les militaires de manière appropriée, par respect pour tous ceux tombés en défendant la patrie, comme pour honorer ceux qui poursuivent le combat. La présence du commandant suprême des forces armées en uniforme sur les lieux du combat est la façon qu'il a choisi de montrer sa fierté de ses hommes et de rendre hommage de leur performance face aux terroristes.

Le président égyptien a rappelé que l'armée égyptienne était prête à faire face à « mille attaques terroristes » encore plus importantes que celle du 1er juillet. Il a aussi évoqué le rôle et la partialité des médias étrangers, en invitant l'opinion internationale à analyser le scénario biaisé que ceux-ci ont offert au monde de durant les premières heures des attaques, lorsque ces médias ont tous diffusé des nouvelles selon lesquelles des villes égyptiennes du Nord-Sinaï étaient tombées entre les mains des terroristes de l'Etat islamique et que des dizaines de militaires égyptiens avaient trouvé la mort. A la fin de la journée, ces « informations » se sont révélées être de purs mensonges et de la propagande destinée à démolir le moral du front intérieur en Egypte, comme à semer le doute dans les rangs des militaires égyptiens, partout dans le pays.

Le président El-Sisi a également précisé que des forces étrangères - sans aller jusqu'à citer la Turquie, le Qatar et d'autres puissances occidentales - souhaitaient frapper l'Etat égyptien de manière spectaculaire à l'occasion du deuxième anniversaire de la chute de la dictature des Frères musulmans, le 30 juin 2013, suite à la révolution de plus de trente millions d'Egyptiens. Selon lui, ces mêmes forces, cherchent à entraver l'inauguration de projet du phare de canal de Suez, qui aura lieu le 6 août 2015, et il a mis en garde les militaires de possibles nouvelles actions à cette date.

Le chef de l'Etat égyptien a enfin rappelé que les forces déployées dans le Sinaï ne représentaient qu'1% du total de l'armée égyptienne, c'est-à-dire que le Caire dispose de moyens militaires infiniment surpérieurs que ceux avec lesquels il vient d'infliger une retentissante défaite aux terroristes de « l'Etat islamique ».

Al-Jazeera et « l'emploi disproportionné de la force » 

Après cette défaite écrasante de l'organisation « Etat islamique », pour la première fois depuis sa création, le fameux appareil de propagande du mouvement terroriste ne diffuse pas de séquences de vidéos des opérations et se contente d'une  déclaration qui essaie d'expliquer son premier échec par tous les moyen L'« Etat islamique » déclare ainsi : « Nous avons opté à un retrait ! ».  Une déclaration inédite, car c'est la première reconnaissance d'une défaite sur le champ de bataille, alros même que surtout que le slogan de l'organisation est « il (l'Etat islamique) demeure et se propage », en référence à leurs ambitions expansionnistes.

Une autre raison pour laquelle aucune vidéo n'a été diffusée est que Les forces armées égyptiennes ont localisé toute l'équipe médias de l'« Etat islamique », accompagnant les assaillants, et l'ont liquidé sur place. L'organisation ne dispose donc d'aucune photo ni même d'une courte séquence vidéo pour son outil de propagande.

Suite à l'évolution des événements, la chaine qatarie Al-Jazeera a alors changé sa propagande et arrêté de diffuser les mensonges parlant de la mort de 70 militaires égyptiens et de la chute des villes du Nord-Sinaï. Pour la première fois, ce média essayé de défendre « l'Etat islamique » d'un point de vue du faible ! Al Jazeera a ironiquement parlé de l'utilisation disproportionnée de force de la part de l'armée égyptienne... contre qui ? un groupe de terroristes appartenant à l'organisation la plus sanguinaire qui soit !

La BBC et Euronews ont alors délibéremment ignoré le sujet et seule Russia Today a évoqué les faits et le succès de l'armée du Caire, parlant de la mort de centaines de terroristes et de la perte d'environ dix-sept militaires égyptiens.

 

 

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Bien évidemment, la guerre n'est pas terminée avec cette première victoire d'une armée régionale contre l'organisation « Etat islamique ». Nul doute que la stratégie du combat antiterroriste va prendre des nouvelles formes surprenantes et se poursuivra probablement au-delà des frontières égyptiennes. 

L'Egypte sortira non-seulement victorieuse de ce conflit provoqué par la Turquie, le Qatar et certaines puissances occidentales, mais son armée va acquérir une expertise sans précédent dans ce genre de combat. Elle vient déjà de faire preuve de sa férocité et de son efficacité contre les terroristes de « l'Etat islamique ».

Ces événements confirment le fait que l'Egypte est la pierre angulaire de l'équilibre et de la stabilité géopolitique du nouveau Moyen-Orient.


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