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NOTE HISTORIQUE N°12
« SOUVENT FEMME VARIE » UNE ESPIONNE HOLLANDAISE À PARIS...

Gérald Arboit
09-03-2008

« Le mythe de la femme espion a eu plus de succès dans l'histoire que dans la fiction romanesque. Si Mata Hari fut la meilleure illustration du mata-harisme, imposture romanesque fondée sur une conjonction dramatisée de l'exotisme et de l'érotisme, elle ne l'a pas inventée. Cet honneur revient à une de ses compatriotes, à peine moins malchanceuse, Mme Etta Palm, se disant baronne d'Aelders, et dont Michelet signale à deux reprises l'activité féministe[1]. »

 

Cette entrée en matière journalistique pose en fait plus de question qu'elle n'apporte de réponse pour ces deux femmes que tout distinguait : la trajectoire, l'époque, comme l'entrée dans l'« espionnage ». Leur seul point commun pourrait être un goût certain pour les hommes. Et encore...

Etta Palm appartenait à ce monde de la diplomatie régi, jusqu'à la Première Guerre mondiale, par une économie unifiée du secret, qui ne distingue pas spécifiquement l'action officielle des diplomates de celle, occulte, des agents semi-officiels[2]. Ainsi compte-t-elle parmi ces agents d'information diplomatique sans mandat de négociateur, parmi ces négociateurs occultes et autres agents en mission confidentielle pour quelque sondage officieux[3] que la Révolution n'hésita pas à envoyer à travers l'Europe pour soutenir son activité extérieure (a priori non). Les activités d'Etta Palm étaient même de notoriété commune. On la disait « l'un des agents secrets de la Prusse »[4], « du parti du Stathouder »[5], « vendue à la princesse d'Orange et à la Prusse »[6] ou « soupçonnée de correspondance avec des agents anglo-prussiens »[7]. Elle-même n'hésita pas à signer ses lettres « De la cit. Baronne d'Aelders, hollandaise, faisant les affaires de la maison d'Orange... »[8] ; elle mettait ainsi en pratique l'opinion de Torcy, pour qui « le meilleur moyen de tromper les cours, c'est d'y parler toujours vrai »[9]. A cela s'ajoutaient toutes sortes de qualificatifs, « entremetteuse »[10], « intrigante, (...) aventurière »[11], « prétendue baronne »[12], et bien sûr un goût prononcé pour l'argent. Toutefois, tout le monde s'accordait pour lui trouver la beauté remarquable et la cuisse légère. Ainsi, une miniature de 1786 la représentait, la taille élancée et les traits dépourvus de finesse, repoussant mollement les élans d'un entreprenant amant qui cherchait la coucher sur un canapé[13]... En fait, Etta Palm avait tout de la courtisane d'Ancien Régime, retrouvant dans son « trafic de l'influence réelle ou supposée de ses hautes relations politiques »[14] Catherine Grand ou Michèle Guesnon de Bonneuil[15].

 

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Etta Lubina Johanna Aelders était hollandaise. Elle était née en 1743 à Groningue d'un prêteur sur gage, Jacobus Aelders van Nieuwenhuys, mort alors qu'elle avait six ans, et d'Aghata Petronella de Sitter. La mère reprit l'activité de son époux mais, en 1753, le fils de l'associé d'Aelders parvint à la déposséder[16]. De l'enfance d'Etta, on retiendra qu'elle avait un esprit éveillé et était doté d'une vive intelligence. En outre, elle parla très tôt l'allemand, l'anglais et le français. Comme elle était d'une beauté remarquable si, elle prit très tôt conscience de l'avantage dont la nature l'avait dotée et en joua allègrement. A dix-neuf ans, elle fut enlevée par le fils d'un procureur de Harleem, Christiaan Ferdinand Lodewijk Palm. La sulfureuse réputation de la jeune femme suffit aux parents du jeune licencié ès Lettres pour lui refuser tout consentement. Il passa outre... pour son plus grand malheur, Etta se révélant d'une infidélité telle que la naissance d'une fille ne pouvait lui être attribué. Sa mort en bas âge contribua certainement à la séparation du couple, Palm s'enfuyant aux Indes néerlandaises[17].

De cette époque datait la mise en place de la mystification qui transforma la pauvre orpheline en veuve joyeuse et baronne. Ce fut sous cette nouvelle identité qu'elle fit la rencontre d'un jeune avocat de Groningue, Jan Munniks, dont elle brisa le ménage. Le 13 avril 1768, nommé consul à Messine, il l'emmenait dans son périple. Il est peu probable qu'elle vit l'Italie, le quittant certainement en Provence et rebroussant chemin, faisant étape à Paris. Au relais de Bréda, elle fit la connaissance d'un fringant quinquagénaire, le lieutenant-général Douwe Sirtina van Grovestins, ancien Opperstalmeester (grand écuyer) d'Ann van Hannover, décédée en 1759 ; à cette époque, on ne prétendait pas encore qu'il avait été plus proche encore de l'épouse du premier stathouder Willem IV van Oranje-Nassau, au point d'en faire le père de Willem V[18]... Il l'emmena à Bruxelles, où il comptait des amis dans la haute bourgeoisie de la capitale des Pays-Bas autrichiens. Mais Etta ne rêvait que de Paris et, en 1773, elle quitta son beau protecteur pour la France. Elle s'installa dans les environs du Palais Royal, ne faisant pas mystère de la façon dont elle entendait désormais vivre sa vie. Le quartier était le lieu de rendez-vous de toute la mauvaise société parisienne... pour le plus grand plaisir de la meilleure. Elle prit pour résidence un taudis de la rue Villedo, qu'elle fit restaurer par les soins de l'architecte François-Joseph Bélanger, et payer par les soins de ses amants[19].

Une mission en Hollande

Cette vie mondaine lui permit de faire son entrée dans la diplomatie secrète de la monarchie française. Il ne semble pas qu'elle ait été contactée par Charles Gravier, comte de Vergennes, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, mais par un des nombreux intermédiaires qui doublaient l'action officielle des agents du Roi. Le Secret du Roi, cette agence du duc de Broglie créée pour porter le prince de Conti sur le trône de Pologne avant de préparer la revanche contre l'Angleterre, avait été démantelé au début du règne de Louis XVI, mais ses hommes se répandirent dans les services de la monarchie pour travailler à la campagne américaine. Deux ans après que la France eut reconnu l'indépendance américaine, un traité de commerce était en cours de négociation entre les deux Etats et les agents américains à Paris cherchaient à entrer en contact avec le stathouder Willem V. Mais une autre affaire, la Bavière, commençait à agiter l'équilibre européen où l'entremise hollandaise, par ses connexions avec la Prusse[20], pouvait être utile. Le recrutement d'Etta Palm se situe dans cette double perspective, même s'il n'est pas possible de dire qui la recruta. Peut-être bien Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, mais pas pour les raisons érotiques mise en avant ?...

Toujours est-il qu'en février 1778, elle était envoyée à La Haye. Cette mission courte, moins d'un mois, est mal connue. Etta Palm y retrouva son ancien amant, Munniks, qui s'était mis au service de l'agence anglo-hollandaise de Rotterdam[21]. L'aida-t-il à s'introduire dans une société hollandaise qu'elle ne connaissait pas ? A moins qu'elle ne sollicita l'entregent d'un autre de ses vieux chevaliers servants, Grovestins ? Disposait-elle d'une recommandation de Mathijs Lestevenon van Berkenrode, ambassadeur batave à Paris, qui semblait la connaître, comme en attestait les propos de son fils en 1793 ? Il semble ne pas y avoir de sources sûres sur ce voyage. Tout juste peut-on donner un élément du résultat, à savoir que la Hollande n'avait aucun intérêt à entrer en guerre avec l'Angleterre. Deux ans plus tard, les raisons étaient là et les Provinces-Unies se rangèrent du côté des insurgés américains et de la France.

Cette mission hollandaise arrangea les finances d'Etta Palm. En 1781, elle quitta la rue Villedo pour la rue Favard. Cherchait-elle à fuir M. de Prinval, dont elle était redevable ? Ou bien entendait-elle donner plus de lustre à ses activités de courtisane ? De cette époque datait cette idée qu'elle était baronne « quoique n'ayant connu d'autres barons que ceux qui l'avaient honorée de leurs visites » [22]. De plus, son salon n'était pas de ceux où l'on s'honorait de parler arts et littérature, mais plutôt, semble-t-il, politique internationale. Les Orangistes hollandais étaient nombreux à la fréquenter. L'ancien bourgmestre d'Arnhem, Gérard Brantsen, qui négociait au nom des Etats-généraux la paix avec l'Autriche à Fontainebleau[23], en fut un assidu de décembre 1784 à 1787[24]. Avec lui vint Yves-Marie Desmarets, comte de Maillebois, fils du maréchal du même nom, arrière-petit-fils de Colbert ; en 1784, il remplit une mission rapide en Hollande soutenir le parti anti-prussien, mais reprit du service militaire contre les Autrichiens[25]. D'avril à août 1787, elle accueillit un conseiller « patriote » d'Amsterdam, Apollonius Jan Cornelis Lampsins, qui cherchait refuge à la Cour de France ; il s'agissait en fait d'un agent de l'ambassadeur britannique Sir James Harris[26]. L'entremise d'Etta Palm lui fut sans doute précieuse. En octobre 1789, un autre agent secret du stathouder, Rudolf Hentzy, notait à l'attention du Raadpensionaris (Grand Pensionnaire), Laurens Pieter van de Spiegel, qu'« elle [maniait] tous les verrous du cabinet des ministres et [savait] parfaitement bien ce qui se passe »[27].

Le salon d'Etta Palm était également ouvert au corps diplomatique accrédité à Versailles et aux principaux ministres de Louis XVI. On y croisait bien sûr l'ambassadeur Lestevenon van Berkenrode, mais également son collègue prussien, le comte Bernhard Wilhelm von der Goltz, qui lui conserva sa fidélité jusqu'en 1792. La belle suissesse marquise de Champcenetz, épouse du gouverneur des Tuileries, comptait également parmi les membres de la société d'Etta Palm. L'avaient suivie le contrôleur général des Finances, Charles Alexandre de Calonne, avant son exil londonien d'août 1787, un ancien ministre de France à La Haye (1768-1771), Louis Auguste Le Tonnelier de Breteuil, devenu depuis secrétaire de la Maison du Roi et de Paris, et même le successeur de Vergennes depuis le 14 février 1787, Armand Marc de Montmorin-Saint-Hérem. L'académicien et archevêque de Sens, Etienne-Charles de Loménie de Brienne, successeur de Calonne, compta également parmi les visiteurs de la belle Hollandaise[28]... Le 5 juillet 1789, Spiegel pouvait noter à l'attention d'Etta Palm que « le grand théâtre où vous vous trouvez offre de jour en jour de nouvelles scènes »[29]. Neuf jours plus tard, la révolution amenait de nouvelles fréquentations dans son salon. Sa préférence se porta alors vers des députés montagnards, comme Jean-Paul Marat, François Chabot ou Claude Basire...

Au service de Sa Majesté Willem V

Une telle fréquentation n'avait pas manqué d'attirer l'attention de Lampsins. Songea-t-il le mettre au service de Willem V ou de George III ? Il était notamment en relation avec deux agents de l'espionnage qu'animait Sir James Harris. Le ministre britannique craignait qu'un complot français ne renversât la maison d'Orange et avait décidé de devenir « chef de parti » (en français) et de soutenir l'« association » pro-stathouderienne[30]. L'un était Spiegel, qui devait prendre la tête du parti willemien, l'autre un agent du prince d'Orange, Willem van Citters. Lampsins signala l'existence d'Etta Palm au premier. Spiegel sut s'en souvenir lorsque, le 3 décembre 1787, il fut élu Raadpensionaris. Au cours de l'année 1788, Lampsins convainquait son agréable hôtesse d'entamer une correspondance avec Spiegel[31]. Etta Palm écrivit au chef de l'exécutif batave au mieux deux lettres (3 octobre et 23 novembre 1788) avant que ce dernier lui répondit, le 5 décembre. S'ensuivirent une dizaine d'autres missives d'Etta Palm, dont une le 21 juin 1790, appelant six réponses de Spiegel, entre le 30 janvier 1789 et le 2 septembre 1791[32]. Les missives n'étaient pas signées, le Raadpensionaris estimant que « le contenu [apprenait] suffisamment de la personne de qui cette lettre » venait[33]. Par la suite, elles furent codées, Lampsins ayant transmit ensuite une clef dont Spiegel désirait qu'Etta Palm fît usage[34].

Au vu des réponses et des paiements du Raadpensionaris, il peut être déduit, sinon le talent, du moins les outils dont Etta Palm disposait pour se livrer à son commerce d'information. Elle utilisait la plupart des techniques du renseignement humain, aussi bien élémentaires (recueil d'opportunité, liaisons renseignement, interrogation initiale et catégorisation) que spécifiques (entretien spécialisé, interrogation complémentaire, gestion de contacts). Elle retraçait à son correspondant par le menu ses entretiens avec différentes personnes admises à la cour, « [réunissant] l'agréable à l'utile et à l'intéressant ; vous égayez les matières, vous les embellissez en les approfondissant en même temps »[35]. Cette « spectatrice bien instruite (...) les [rendait] avec toute la naïveté et tout l'intérêt possible »[36].

En contrepartie, Spiegel lui transmettait des états de la situation politique intérieure et extérieure de la Hollande[37]. Ainsi pouvait-elle distiller auprès des journalistes improvisés de la révolution parisienne les éléments « pour confondre ces plats bavards et incendiaires » de patriotes hollandais, chassés par la réaction prussienne de 1787 et installés par la monarchie à Saint-Omer. La répression prussienne avait soulevé l'indignation en France ; déjà en avril 1788, le comte de Mirbeau avait publié une véhément exhorte Aux Bataves, sur le stathoudérat et Lampsins avait suggéré à Etta Palm une réponse[38]. Avec l'explosion de 1789, tout le monde se voulait journaliste et le salon de la rue Favard en était empli. Jean-Louis Carra[39], rédacteur au Mercure national et aux Annales patriotiques et littéraires, Jean-Paul Marat[40], propriétaire de L'Ami du peuple, Elisée Loustalot, principal rédacteur des Révolutions de Paris, Jacques Pierre Brissot, fondateur du Patriote français, étaient les principaux relais de l'opinion pro-stathoudérienne d'Etta Palm. Loustalot n'hésita pas à lui répondre :

« Le nom de patriote m'en avait imposé et ce que vous m'en dites, vous qui me paraissez une bonne républicaine, m'engage à m'instruire dans des sources plus pures »[41].

Elle bénéficiait de suffisamment d'entregent pour que « Pétion et Barnave [lui promissent] de propose l'alliance avec la Prusse et ses alliés »[42]. Elle s'était même mise en relation avec un « ancien agent de la Prusse en Flandres »[43], Benjamin Veitel Ephraim[44], qui animait un courant anti-autrichien à Paris. Les deux furent même arrêtés dans la soirée de la fusillade du Champs-de-Mars (17 juin 1791)...

Le volume croissant des articles suscités dans la presse contre les patriotes hollandais, tout autant que la tournure des événements parisiens et la part qu'Etta Palm y prenait, amenèrent Laurens Pieter van de Spiegel à modérer son agent. Le 4 novembre 1790, il la pria de ne plus l'« inonder de cette quantité de plusieurs espèces » de publications. L'engagement révolutionnaire et féministe « de la cid. Baronne d'Aelders », au sein du Cercle social, à moins que ce ne fut la publicité qu'elle donnait à faire « les affaires de la maison d'Orange », mirent fin à son service pour la Hollande. Le 2 septembre 1791, le Raadpensionaris lui adressait une dernière lettre :

« Adieu, Madame ; modérez-vus un peu pour ce que vous appelez la cause du peuple ; vous faites quelquefois que vos amis tremblent pour vous. »

Le retour en Hollande

Cet abandon privait Etta Palm d'un soutien financier conséquent, elle qui n'avait pas un sou vaillant. Le service du stathouder l'avait placée « dans la nécessité de faire quelques dépenses dont il serait une indiscrétion de laisser les avances à [sa] charge »[45]. Spiegel avait toujours eu « soin de [lui] faire remettre [son] argent déboursé »[46]. En outre, la princesse Frederica n'avait pas manqué de lui « donner des marques de [sa] reconnaissance gracieuse »[47]. Mais l'entrée en guerre de la Prusse (12 mai 1792) et la neutralité inquiétante de la Hollande avaient achevé de vider son salon... et donc de la priver de généreux galants. Le massacre en septembre de celui dont elle s'était si souvent jouée, l'ancien ministre des Affaires étrangères Montmorin[48], semblait lui donner une opportunité avec la France. En octobre, contrainte de recourir à quelque expédient, elle entreprit d'offrir ses services à son successeur, Pierre Marie Henri Tondu, dit Lebrun-Tondu. L'ancien abbé, soldat déserteur devenu typographe aux Pays-Bas autrichiens, n'était pas un habitué de la courtisane hollandaise. Il était pourtant familiarisé avec les arcanes de la diplomatie secrète, puisqu'il avait été un agent d'influence anglais du temps où il éditait son Journal général de l'Europe à Liège (1785-1792)[49].

Aussi avait-il accepté l'offre d'Etta Palm de se rendre en Hollande, sans l'avoir « engagée, ni excitée à faire un voyage (...) dans le but de [lui] être utile ». Il entendait seulement se servir des rapports qu'elle avait fait valoir avec Spiegel pour faire passer les « assurances des dispositions pacifiques de la République de France à l'égard des puissances qui garderont la neutralité ». Cette affabilité n'était que de façade puisque la France n'agirait « jamais offensivement contre aucune puissance que lorsque [elle aurait] eu la conviction d'une malveillance bien marquée ou d'un projet formé de [l'] attaquer »[50]. Il espérait aussi parvenir par ce moyen détacher la Russie de l'alliance autrichienne. L'ancien agent de Willem V s'insérait seulement dans un dispositif large d'espionnage français. Se trouvaient ainsi en Hollande Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, chargé d'un marché de fusils à Tervère (Zélande)[51], Giuseppe Gorani, un aventurier lombard ami des girondins[52], Charles François Du Périer, plus connu comme général Dumouriez, profitant que l'armée a pris ses quartiers d'hiver pour renouer avec son rôle de jeunesse appris avec Choiseul et Monteynard, en marge du Secret du Roi... Sans compter Jean-Conrad de Kock[53], stipendié sur les fonds secrets des Affaires étrangères pour révolutionner la Hollande, et Claude-André-Benoît Reynaud de Bonnassous, député de la Haute-Loire avec qui Etta Palm devait entretenir une correspondance[54].

Lebrun n'attendait pas vraiment de résultat de l'action de sa Hollandaise :

« Cette femme passe, et il paraît que ce n'est pas sans fondement, pour n'être qu'une intrigante et des personnes en qui je dois avoir confiance m'ont plus d'une fois averti de rester sur mes gardes avec elle. Plusieurs membres de la Convention nationale m'ont écrit à son sujet et dans des termes qui ne sont pas propres à dissiper ces soupçons. »

Etta Palm n'agit pas différemment à La Haye qu'elle ne l'avait fait à Paris. Elle ne cacha pas qu'elle « être chargée d'une mission du gouvernement »[55]. Elle renoua avec Gérard Brantsen, soupçonné d'être un agent anglo-prussien[56]. Elle signala l'attitude de Français de passage à La Haye, notamment Beaumarchais, qui s'enfuit « dès qu'il a appris son décret d'accusation »[57] et Dumouriez, accusé de corruption par des jacobins locaux[58]. Elle surveilla « les démarches du citoyen Maulde »[59], que la Convention venait de relever de ses fonctions de ministre de France dans la capitale hollandaise.

Mais elle ne put offrir de réelles informations sensibles, puisée aux meilleures sources, chez le Raadpensionaris et la princesse d'Orange, où elle avait dis à Lebrun être admise[60]. Aussi Lebrun oublia-t-il rapidement de la payer[61]... Son successeur, François Louis Michel Chemin des Forgues, était disposé à la rémunérer, prescrivant même à son consul à La Haye, Etienne d'Audibert-Caille, de chiffrer les bulletins qu'Etta Palm ne manquerait pas de lui remettre[62]. Mais il déchanta rapidement. Répondant le 5 octobre 1793 à une nouvelle demande de défraiements datée du 15 septembre, le ministre ne put que noter :

« Vos offres de vous rendre utile se bornent à une bonne volonté sans effet. Convaincu de l'impossibilité où vous vous trouvez de tenir l'engagement que vous avez pris avec moi, je me détermine à vous prier dès à présent de ne plus m'adresser de bulletins. »[63]

Pour la seconde fois, son service se voyait rejeté. Mais les deux fins de non-recevoir n'étaient pas si différentes. Celle de Spiegel, deux ans plus tôt, tenait autant dans l'engagement de son agent dans la révolution que dans les limites atteintes par son rôle. Etta Palm n'était pas taillée pour quelque mission de renseignement que ce soit. Elle avait une courtisane intelligente à Paris. La révolution l'avait certes séduite, mais elle l'avait détournée de sa mission initiale d'influence au bénéfice de la diplomatie secrète hollandaise. Son éphémère service dans l'espionnage français avait montré combien elle n'était pas taillée pour agir en temps de guerre, avec des objectifs qui l'éloignaient de son savoir-faire mondain. Déjà Lebrun l'avait abandonnée, ne la rappelant pas alors que ses agents, Gorani, Kock, Reynaud étaient partis au début de l'année 1793, vers la Suisse ou Paris ; les autres avaient émigré. Peut-être lui avait-il inconsciemment sauvé la vie, Joseph Mandrillon, chargé d'obtenir le retrait prussien à Cologne, fut guillotiné en mars 1794[64]...

A la recherche de secours, elle s'était à nouveau tournée vers Spiegel[65], avec lequel elle n'avait pas vraiment coupé les ponts[66]. Elle avait ensuite vainement demandé l'aide de Willem V, au nom de son service passé, n'hésitant pas à s'attribuer des faits appartenant à Lampsins[67]... A Paris, le comité de la Section Le Pelletier se transportait dans son domicile de la rue Favard pour saisir ses papiers le 7 messidor an II (25 juin 1794)[68]. L'entrée des troupes françaises à La Haye, en mai 1795, montra combien Etta Palm n'avait pas compris l'ampleur des changements induits par la Révolution française. La courtisane était condamnée en ces temps troublés, non parce qu'elle se disait baronne, mais parce qu'elle avait sous-estimé le fait national[69]. Ses papiers avaient été inventorié le 5 floréal an III (24 avril 1795)[70]. Le 18 mai 1795, un obscur avocat adjoint du Comité de surveillance révolutionnaire de La Haye, Cornelius Maanemr, accusa « la veuve Palm, née d'Aelders » de machination contre la République batave. Arrêtée, Etta Palm prétendit qu'elle était de nationalité française, qu'elle avait été envoyée en mission en Hollande, qu'elle n'était pas attachée à la maison d'Orange, qu'elle ne connaissait pas Munniks, mais seulement Brantsen... Las, le procureur instruisant son cas l'avait connue à Paris, du temps où il était le secrétaire de Brantsen. Le 14 février 1796, il recommanda qu'elle fût placée en réclusion. L'ironie voulut qu'elle rejoignit, dans la même prison, son ancien protecteur Laurens Pieter van de Spiegel, incarcéré comme elle au château de Woerden. Elle ne quitta sa geôle qu'à faveur d'une amnistie, le 20 décembre 1798. Malade, sans le sou, elle décéda le 28 mars suivant[71]. Elle aura eu moins de chance que Louis-Charles-Joseph Dupérou, autre agent de Lebrun-Tondu, arrêté le 29 mars 1794. Evadé trois ans plus tard, il rejoignit à l'été 1798 le service anglais[72]. Mais Dupérou était réellement un agent de renseignement... et non d'influence.


  • [1] Francis Lacassin, « Mata Hari ou la romance interrompue », Magazine littéraire, août 1970, n° 43. Sur son activité féministe, que nous n'aborderons pas, cf. M. de Villiers, Histoire des Club des Femmes et des Légions d´Amazones (Paris, 1910), pp. 14- 41, W. J. Koppius, Etta Palm. Nederlands's eerste feministe tijdens de Fransche revolutie te Parijs (Zeist, Ploegsma, 1929), H. T. Hardenberg, Etta Palm. Een Hollandse Parisienne 1743-1799 (Assen, Gorcum, 1962), L. Hastier, Vieilles histoires. Etranges énigmes, 7 (Paris, Fayard, 1965), pp. 263-315, Olivier Blanc, Les libertines, plaisir et liberté au temps des Lumières (Paris, Perrin, 1997), et les travaux de J.A. Vega, « Feminist Republicanism. Etta Palm-Aelders on justice, virtue and men », R.M. Dekker, J.A. Vega (dirs), History of European Ideas, 1989, vol. 10, n° 3, pp. 333-351 ; « Luxury, necessity, or the morality of men. The republican discourse of Etta Palm-Aelders », Marie-France Brive (dir), Les femmes et la Révolution française, 1 (Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1989), pp. 363-370 ; « Etta Palm, une Hollandaise à Paris », Willem Frijhoff, Rudolf Dekker (dirs.), Le voyage révolutionnaire. Actes du colloque franco-néerlandais du Bicentenaire de la Révolution Française (Hilversum, Verloren, 1991), pp. 49-57. On consultera également ses travaux : Etta-Palm, née d'Aelders, Appel aux Françoises sur la régénération des moeurs et nécessité de l'influence des femmes dans un gouvernement libre ([Paris], impr. du Cercle Social, 1791), http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42498x et http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k48902w. Cf. aussi le fac-similé publié dans Les femmes dans la révolution Française, 2 (Paris, Edhis, 1982), texte n° 33 ; Discours de Mme Palme d'Aelders, Hollandaise, lu à la Confédération des amis de la vérité, par un de MM. les secrétaires, (Caen : Chalopin, [s.d.]), http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86050m ; Sur l´injustice des Loix en faveur des Hommes, au dépens de Femmes, dans Lynn Hunt (dir), The French Revolution and Human Rights: A Brief Documentary History (Boston/New York, Bedford/St. Martin's, 1996), pp. 122-123.
  • [2] Lucien Bély, Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV (Paris, Fayard, 1990).
  • [3] Cf. Alain Dewerpe, Espion. Une anthropologie historique du secret d'Etat contemporain (Paris, Gallimard, 1994), p. 62.
  • [4] Pierre René Choudieu, Mémoires et Notes du représentant du Peuple à l'Assemblée législative, à la Convention et aux armées (1761-1838). Ouvrage publié d'après les papiers de l'auteur, avec une préface et des remarques par V. Barrucand (Paris, Plon, 1897), p. 475.
  • [5] Charles-Ernest Œlsner, « Lettres de Paris », Revue historique, janvier-avril 1903, t. 81, pp. 50-51, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/CadresFenetre?O=NUMM-18174&M=tdm
  • [6] Lettre de Armand de Montmorin à Auguste de La Marck du 9 mars 1791, citée dans Correspondance entre le Comte de Mirabeau et le Comte de la Marck pendant les Années 1789, 1790 et 1791, III, (Bruxelles, Pagny 1851), p. 81.
  • [7] Lettre de Lestevenon van Berkenrode fils à Johan Valckenaer du 5 janvier 1793, citée dans H. T. Colenbrander, Nederland en de Revolutie, 1789-1795 (La Haye, Nijhoff. 1905), p. 194 n. 2.
  • [8] Archives nationales (AN), F7 4590, Dossier Bazire, pl. 5, f. 88.
  • [9] Cité par Alain Dewerpe, op. cit., p. 63.
  • [10] Charles-Ernest Œlsner, op. cit..
  • [11] La Gazette universelle du 25 juillet 1791 ; cf. aussi la lettre de Armand de Montmorin à Auguste de La Marck du 9 mars 1791, op. cit., et Archives du ministère des Affaires étrangères (AMAE), vol. 584, lettre de Lebrun à Clavière du 25 novembre 1792, f. 210.
  • [12] Lettre de Lestevenon van Berkenrode fils à Johan Valckenaer du 5 janvier 1793, op. cit..
  • [13] National Archief (NA), Groningen, Familie de Sitter, 1704-1990, 694.2, 65, Miniatuur met afbeelding van Etta Palm.
  • [14] Olivier Blanc, Les espions de la révolution et de l'Empire (Paris, Perrin, 1995), p. 104.
  • [15] Ibid., Madame de Bonneuil, femme galante et agent secret (1748-1829) (Paris, Robert Laffont, 1987).
  • [16] Cf. E. Schut, De Joodse Gemeenschap in de Stad Groningen 1689-1796 (Assen, Van gurcum, 1995), p. 77.
  • [17] Une tradition reprend que le couple divorça, chose impossible en Hollande avant 1796, où eut lieu le premier divorce.
  • [18] Veronica P. M. Baker-Smith,  A Life of Anne of Hanover, Princess Royal (Leyde, Brill, 1995), p. 139-141.
  • [19] Ainsi, pour rembourser M. de Prinval de ses dix mille livres engagées, elle lui vendit, le 20 mai 1780, tout son mobilier, dont elle conserva l'usufruit à raison de mille livres par an jusqu'à son départ projeté de Paris. L'argent ainsi perçu lui servit à payer les meubles à ses fournisseurs... [AN, Minutier central, LXVII, Achille-Michel Pinon, vol. 758 et T 364, Papiers d'Elisa Lubina Johanna, baronne d'Aelders, épouse de Chrétien Ferdinand Louis Palin (sic)]. Cf. également la dotation viagère du comte de Maillebois du 20 janvier 1790 [Ibid., Minutier central, XLIV, Nicolas Hua, vol. 616, T 364 et T 1601, Procès-verbal de perquisitions et inventaires des papiers saisis chez l'émigrée femme Dailbert, an III].
  • [20] Le 4 octobre 1767, Willem V van Oranje-Nassau avait épousé la nièce de roi Frédéric II, Frederica Sophia Wilhelmina von Hohenzollern. Le frère de la mariée, Frédéric-Guillaume II, devint roi de Prusse en août 1786.
  • [21] Elle avait été mise en place originellement pour apporter du renseignement durant les rebellions Jacobites (1688-1746), puis avait été réactivée pendant la guerre d'indépendance américaine (1776-1783). Jusqu'en 1785, Evan Nepean, premier sous-secrétaire d'Etat au Home Office britannique, avait continué à stipendier les veuves et les enfants des anciens agents. Avec l'arrivée de Lord Malmesbury comme ambassadeur à La Haye, ils avaient été pensionnés [Alfred Cobban, Ambassadors and Secret Agents : The Diplomacy of the 1st Earl Malmesbury at the Hague (Londres, Cape, 1954), pp. 113-116].
  • [22] La Gazette universelle du 25 juillet 1791.
  • [23] Elle fut signée le 25 juin 1785.
  • [24] H.T. Colenbrander, De patriottentijd.Hoofdzakelijk naar buitenlandsche bescheiden, I, 1776-1784 (La Haye, Nijhoff, 1897), p. 361; II, 1784-1786 (1898), pp. 49-50.
  • [25] Ibid., II, pp. 20-21.
  • [26] Le 10 août 1787, Harris faisait mention de lui comme étant « un de [ses] ami » [Ibid., III, p. 243].
  • [27] Ibid., Nederland..., op. cit., p. 161.
  • [28] Lettre d'Etta Palm à Willem V du 30 juin 1794, cité dans Ibid., p. 398.
  • [29] Ibid., p. 159.
  • [30] Lettre et rapport de Harris au marquis de Carmarthen des 3 et 23 janvier 1787, dans Diaries and Correspondence of James Harris, First Earl of Malmesbury (Londres, Bentley, 1844), pp. 266 et 272-273. Cf. aussi Alfred Cobban, op. cit., pp. 80-116. Cette initiative influença fortement William Wickam lorsqu'il fut chargé en août 1793de mettre en place une structure contre-révolutionnaire d'espionnage [cf. Elzabeth Sparrow, Secret Service. British Agents in France 1792-1815 (Woodbridge, Boydell Press, 1999)].
  • [31] « Je sais bon gré à M. Lampsins de m'avoir procuré l'avantage de votre correspondance » [Lettre de Spiegel à Etta Palm du 5 décembre 1788, citée dans H.T. Colenbrander, op. cit., p. 151].
  • [32] H.T. Colenbrander, op. cit., pp. 149-151 (5 décembre 1788), 154-157 (30 janvier 1789), 159-160 (5 juillet 1789), 164-171 (18 janvier, 12 février, 21 juin et 4 novembre 1790), 174 (2 septembre 1791).
  • [33] Ibid., lettre du 5 décembre 1788, p. 151.
  • [34] Ibid., lettre du 30 janvier 1789, p. 155.
  • [35] Ibid., lettre du 30 janvier 1789, p. 154.
  • [36] Ibid., lettre du 5 juillet 1789, p. 159.
  • [37] Ibid., lettre du 18 janvier 1790, p. 164.
  • [38] Ibid., lettre du 5 décembre 1788, p. 150.
  • [39] Ibid., lettres de Spiegel à Palm du 18 janvier et de Palm à Spiegel du 21 juin 1790, pp. 165, 170.
  • [40] Ibid., lettre du 18 janvier 1790. Le 7 juin 1790, Marat publia un article contre ces « prétendus patriotes hollandais réfugiés en France [qui] ne sont que des bourgeois aristocrates hostiles au peuple » [Ibid., p. 170].
  • [41] Ibid., p. 171.
  • [42] Ibid., lettre du 21 juin 1790, p. 170.
  • [43] Dépêche de Montmorrin du 23 janvier 1791, cité par Frédéric Masson, Le département des Affaires étrangères pendant la Révolution, 1787-1804 (Paris, Plon, 1877), p. 223.
  • [44] Cf. Gerhard Steiner, Drei preußische Könige und ein Jude: Erkundungen über Benjamin Veitel Ephraim und seine Welt (Berlin, Hentrich, 1995).
  • [45] H.T. Colenbrander, op. cit., lettre du 5 décembre 1788, p. 150.
  • [46] Ibid., lettre du 4 novembre 1790, p. 171
  • [47] Ibid., lettre du 5 décembre 1788, p. 151. Cf. aussi celle du 12 février 1790, p. 166.
  • [48] Cf. Ibid., lettre de Palm à Spiegel du 21 juin 1790.
  • [49] Historical Manuscripts Commission, The Manuscripts of J. B. Fortescue, Esquire, preserved at Dropmore, vol. III. 1786-1815 (Londres, 1899), p. 462, lettre de William Augustus Miles à Lord Grenville du 18 août 1792.
  • [50] AMAE, vol. 584, lettre de Lebrun à Palm du 26 novembre 1792, f. 230.
  • [51] Cf. son compte-rendu, sous forme de correspondances avec Lebrun notamment dans Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages par M. Saint-Marc Girardin (Paris, Firmin Didot frères, 1845), pp. 582-596.
  • [52] Cf. AMAE, MD France, 137 et Marc Monnier, Un aventurier italien du siècle dernier : le comte Joseph Gorani d'après ses mémoires inédits (Paris, Calmann Lévy1884 ; rééd. Elibron Classic, 2005), pp. 195-196.
  • [53] AN, W 111, dos. 2, pl. 2, laissez-passer du 27 septembre 1792.
  • [54] Lettre de Lestevenon van Berkenrode fils à Johan Valckenaer , op. cit..
  • [55] AMAE, op. cit., lettre de Lebrun à Clavière du 25 novembre 1792, f. 210.
  • [56] Lettre de Lestevenon van Berkenrode fils à Johan Valckenaer, op. cit..
  • [57] AMAE, op. cit., lettres de Palm à Lebrun des 4 novembre et 7 décembre 1792, f. 155 et 282.
  • [58] Ibid., lettre du 10 décembre 1792, f. 307.
  • [59] Ibid., vol. 585, note à Deforgues de juin 1793, f. 327.
  • [60] Ibid., vol. 584, lettre de Lebrun à Clavière du 25 novembre 1792, f. 210.
  • [61] Ibid., cf. les réclamations de Palm des 4 et 5 novembre 1792, f. 155, 179 ; vol. 585, des 30 avril, 21 mai et 4 juin 1793, f. 302, 309, 313.
  • [62] Ibid., vol. 585, lettres de Deforgues à Palm et Audibert-Caille du 12 août 1793, f. 329-330 et 331.
  • [63] Ibid., f. 364-365 et f. 369.
  • [64] AN, W 308, dos. 399. On notera que la même accusation d'intelligence avec le duc de Brunswick fut retenue contre Dumouriez et Mandrillon. Ce dernier laissait des Mémoires pour servir à l'histoire de la Révolution des Provinces Unies en 1787 (Paris, 1791).
  • [65] H.T. Colenbrander, op. cit., lettre du 8 juillet 1794 et réponses des 9 mai et 24 octobre 1794, pp. 398, 206 et 403 n. 1
  • [66] Ibid., lettre du 9 mai 1793, p. 206.
  • [67] Ibid., lettre du 30 juin 1794, p. 398.
  • [68] AN, T 1601, Procès-verbal de perquisitions et inventaires des papiers saisis chez l'émigrée femme Dailbert, an III.
  • [69] Sur la réception de la révolution au Pays-Bas, on pourra utilement se reporter à l'exemple développé par Annie Jourdan dans Amsterdam en révolution, 1795-1798 Un Jacobinisme batave? (Amsterdam, Opleiding Europese Studies, Universiteit van Amsterdam, 2006) Working Papers European Studies Amsterdam, www.europesestudies.nl/force-download.php?file=pdf/wpesa5.pdf&PHPSESSID=9768b89a4f02e51327f3ad6948d5a670
  • [70] AN, T 364, Papiers d'Elisa Lubina Johanna, baronne d'Aelders, épouse de Chrétien Ferdinand Louis Palin. Cf. aussi T 1688, dos. 926, Etats de titres et pièces remis à la commission municipale (de Paris) chargée de la liquidation des créances de l'émigrée femme Dailbert, An III.
  • [71] H. T. Hardenberg, op. cit., pp. 100-116.
  • [72] Elizabeth Sparrow, op. cit., pp. 197-198, 200.

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