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NOTE HISTORIQUE N°23
NOTES HISTORIQUES N°23
LE RENSEIGNEMENT D'INTÉRÊT MILITAIRE SOUS LE SECOND EMPIRE : L'EXEMPLE DU LEVANT

Gérald Arboit
21-02-2009

De nos jours, le renseignement d'intérêt militaire a une approche globale. Non seulement il porte traditionnellement sur les entités armées ou paramilitaires, leurs objectifs stratégiques et leurs capacités opérationnelles, leurs structures, leurs matériels, leurs doctrines, leur niveau d'entraînement et leurs modes d'action, mais il comprend aussi, comme le montre le Concept du renseignement d'intérêt militaire, adopté par l'Etat-major des armées françaises le 11 février 2003[1],, une dimension « environnementale » portant « sur tous les domaines de l'espace physique de l'engagement des forces et toutes les particularités du milieu humain dans lesquelles elles sont appelées à évoluer »[2]. Là réside le point de rupture le différenciant du strict renseignement militaire que faisaient jusque-là les armées. Toutefois, aujourd'hui comme hier, ses moyens dépendent fortement des capacités de renseignement des armées. La création d'une fonction « renseignement » au sein des forces armées reste cependant subordonnée aux impératifs politiques. Ainsi, la création d'une Direction du renseignement militaire (DRM) a-t-elle été, par la France, le résultat d'une prise de conscience de sa faiblesse lors de la première guerre du Golfe.

 

 

*

 

 

Sous le Second Empire, le renseignement militaire ne connut guère d'évolution. Seuls les enseignements de la guerre de 1870 lui permirent de quitter son aspect dépassé, datant du Premier Empire, pour s'adapter aux contraintes de l'information tactique de la guerre moderne. Jusqu'à cette époque, il conservait son aspect temporaire, lié à la campagne en cours, et son côté aléatoire, du au manque d'intérêt de la plupart des officiers généraux. Généralement, la charge de la « partie secrète » incombait au sous-chef de chaque état-major ; il recevait pour cela la gestion des fonds secrets[3]. Le règne de Napoléon III fut toutefois marqué par un début de réflexion sur l'importance du renseignement et la nécessité d'une transformation[4]. Le 25 février 1860, sur proposition du maréchal Randon, il fut décidé de doubler le réseau diplomatique français par un autre, purement militaire. Des attachés militaires et navals furent ainsi nommés dans les principales ambassades en Angleterre, en Russie, en Autriche et en Prusse[5]. Aucune nomination ne fut prévue pour Constantinople. Nommé à Berlin, le capitaine d'artillerie de la garde de Beaulaincourt[6] aurait pourtant pu remplir cette mission dans l'Empire ottoman, car il en avait la connaissance. Dix ans plus tôt, jeune lieutenant, il avait servi en Egypte[7]. Mais, l'Empire ottoman n'était pas un théâtre de projection où la France était vraiment confrontée à des lacunes, ni en termes de renseignement, ni en termes de capacités. Bien au contraire, depuis la fin du Premier Empire, nombre d'officiers napoléoniens avaient cédé au mirage égyptien dans l'espoir de perpétuer l'épopée[8]... Pourtant, les besoins de renseignement, subordonnés aux ambitions de politique étrangère dans la région, restaient guidés par des préceptes anciens. Aussi se bornaient-ils à établir seulement la comptabilité des armées étrangères (appelée aussi statistique militaire) et à satisfaire ses besoins topographiques. Ne comptant que sur l'influence que pouvait exercer le seul nom de « Français », aucun renseignement d'environnement n'ouvrait sur l'aspect politique.

Une statistique militaire

Jusqu'aux décrets résultant de la prise de conscience des lacunes en la matière durant la guerre franco-allemande, les activités de renseignement ne relevaient, au ministère de la Guerre, que de la sixième direction, celle du Dépôt de la Guerre. Et plus particulièrement de sa deuxième section, celle de la Statistique militaire et des travaux régimentaires, créée en 1826. Ce service était installé, depuis le Consulat, au fort d'Aubervilliers. Dirigé par un officier d'état-major, il abritait à la fin du Second Empire nombre d'officiers ayant développé une compétence théorique « renseignement », comme le colonel Jules-Louis Lewal, mais également le commandant Abraham Auguste Samuel et le capitaine Henri Félix Théodore Jung. Ils contribuèrent à la mutation du Dépôt vers une recherche plus large des informations à caractère militaire, initiée par la nomination de son chef, le colonel Blondel, en 1859, tout en conservant ses fonctions, à la direction du personnel et des opérations militaires. Dans les deux années qui suivirent, les missions militaires apparurent dans ses attributions et la section de Statistique fut officiellement chargée de la statistique militaire à l'étranger.

 

Années

Directeur du Dépôt

de la Guerre

Chef de la section

de statistique

1852-1856

 

Lt-Colonel Auguste-Laurent Michel

1852-1867

Colonel Lucien Antoine Blondel

 

1857-1866

 

Colonel Eugène Saget

1867

Général de brigade Blondel

Colonel Henri-Alexandre Leroy

1868-1870

Général de division Hugues-Louis Jaras

Lt-Colonel Jules-Louis Lewal

 

L'envoi d'officiers au Machrek, dans des missions militaires, était un moyen largement privilégié pour renseigner l'état-major. Sous le Second Empire, trois missions furent envoyées au Proche-Orient, en Egypte[9] et en Syrie, mais également en Perse. Non compris géographiquement dans l'Orient arabe, cet empire constituait un acteur de poids en Mésopotamie et justifiait de ce fait l'envoi d'une mission sous le commandement du lieutenant-colonel d'artillerie Brongniart[10]. Ces missions remplissaient un rôle d'observation en faveur de la France. Elles étaient complétées par l'envoi spontané de rapports de particuliers, comme celui du comte Marie-Alphonse d'Angerville[11], conseiller à la Cour impériale de Caen, aux ministères de la Marine ou de la Guerre, via les Affaires étrangères, sur l'état des fortifications ou sur l'état des troupes égyptiennes, la principale force régionale.

Les missions militaires répondaient aussi à un souci de coopération inter-étatique. Bien qu'il n'existât, au Machrek, aucun Etat constitué selon les normes du droit international, les personnels français étaient détachés auprès des gouvernements locaux et entretenus à leurs frais. Ils étaient « placés sous les ordres de l'officier qui [était] le plus élevé ou le plus ancien en grade, lequel [était] considéré comme chef de la mission et [correspondait], à ce titre, directement avec le ministre »[12]. Ils devaient remplir une mission d'aide et de conseil. En Egypte, la tradition remontait à la Monarchie de Juillet. L'officier commandant la mission avait même une place centrale au sein du dispositif de défense égyptien. Il remplissait, « sous l'autorité du ministre de la Guerre [égyptien[13]], les fonctions de directeur de l'organisation militaire... Il sera consulté par le vice-roi sur les questions générales intéressant l'armée et la défense du pays[14]. » Assisté de sept hommes, il avait la charge de l'instruction des troupes et l'entretien des fortifications.

Au Liban, la mission militaire devait former la gendarmerie mixte du Liban, créée par le Règlement organique du 9 juin 1861[15]. Elle se résuma d'abord à trois hommes, le capitaine Fain et deux sous-officiers, le sergent major Turquet, du 16e bataillon de Chasseurs à pied, et le maréchal des logis Althabe, du 1er Lanciers. L'officier chercha en vain à étoffer son personnel en réclamant d'un second officier. Dâwûd Pacha, que les Français avaient contribué à faire gouverneur du Mont-Liban, songea pourtant à lui adjoindre son directeur des Postes, le colonel Mason, de l'East India Company Cavalry. Mais Fain le récusa parce qu'Anglais, à la grande satisfaction des Maronites[16], préférant le lieutenant de Bospereau, du 14e de Ligne[17]. Mason fut pourtant choisit, les Britanniques pratiquant largement un renseignement d'environnement grâce à leur dense système consulaire dans la région. Turquet fut renvoyé en France suite à « une maladie chronique qu'il [traitait] lui-même et sans discernement[18] » et Fain, qui n'avait pas « très bien compris le côté politique de sa mission[19] », fut rappelé en France. Althabe fut promu sous-lieutenant et la mission se poursuivit[20], sans que l'influence, ni le renseignement français au Liban connut quelque avancée.

Un renseignement essentiellement topographique

Cette impossibilité à mener des missions de renseignement d'intérêt militaire tenait à la fois au manque de coordination entre les officiers déployés sur le terrain et le personnel diplomatique, mais peut-être avant tout à la formation de ces officiers. Une des tâches principales des officiers d'état-major était d'établir, annuellement, plans et mémoires topographiques pour des raisons d'avancement. La plupart se contentaient de faire une petite reconnaissance aux alentours des quartiers. Mais certains prenaient la peine, sur leur congé, de sortir hors des frontières. Leurs mémoires descriptifs et leurs éléments statistiques étaient collationnés au Dépôt de la Guerre, qui les utilisait, soit pour sa mission permanente (établir la carte de France), soit pour ses missions temporaires (établir les cartes pour les opérations). La même mission incombait au Dépôt des cartes et plans de la Marine et des Colonies.

Des raisons d'éloignement et de difficultés d'accès laissaient la topographie du Machrek à quelques officiers d'état-major motivés. A la fin de l'année 1862, le commandant Lambert se rendit ainsi en Egypte aux fins de rédiger un « mémoire sur l'isthme de Suez[21] » ; depuis trois ans, Ferdinand de Lesseps oeuvrait à ce projet. Peu après son ouverture, au début de 1870, le capitaine de vaisseau Mouchez fut envoyé sur le canal de Suez et en mer Rouge afin d'en prendre les relevés exacts[22]. Mais les campagnes de relevés topographiques/statistiques pouvaient également intervenir lors des interventions militaires françaises dans la région.

Lors de la guerre de Crimée, au sein du service de renseignement de l'armée d'Orient, dirigé par un ancien capitaine polonais de la Légion étrangère, promu pour l'occasion au rang de colonel, Joseph Tanski, le lieutenant-colonel Desaint de Marthille, arabisant, dirigeait le bureau politique et topographique. Pendant la crise des principautés danubiennes, d'avril 1848 à mai 1849, cet aide de camp du général Aupick, lors de son ambassade près la Porte, avait déjà accompli une mission d'observation des mouvements russes en Valachie[23].. En charge du renseignement, il ne manqua pas de faire pousser des reconnaissances en Syrie et au Kurdistan. Ainsi, le 25 mai 1856, le capitaine Mircher rédigeait un « exposé général de la situation militaire de l'Anatolie septentrionale », englobant des vues politiques jusqu'en Palestine[24]. Naturellement, ce rapport ne fut jamais diffusé aux Affaires étrangères.

L'expédition de Syrie fut également l'occasion pour le lieutenant Béguin de réaliser des levées de terrain dans ce pays[25]. Le capitaine Gélis, de la brigade topographique du Corps expéditionnaire, ne se contenta pas de dresser, avec son collègue Nau de Champlouis, une carte remarquée du pays. En compagnie du colonel Chanzy[26], chef du bureau politique du général Beaufort d'Hautpoul, il accomplit du 29 août au 5 septembre 1861, une mission à Damas. Le but avoué était d'arranger une rencontre entre le commandant de l'expédition française et l'envoyé ottoman, Fu'âd Pacha. En réalité, ils devaient organiser une entrevue avec l'émir ‘Abd al-Qâdir, dans le but politique de l'imposer dans le règlement de la crise régionale, et reconnaître l'arrière-pays libanais, en direction de la plaine damascène. Aussi s'intéressèrent-ils aux voies de communication, notamment à la praticabilité de la route carrossable en cours de construction. L'aridité du paysage, une fois passés les premiers contreforts de la Montagne, plaidait pour un déploiement le long des côtes, plutôt que pour une vaste campagne vers l'intérieur de la Syrie[27].

Pendant toute la durée de la campagne, le général Beaufort d'Hautpoul envoya des agents dans les différents districts de la Montagne, jusqu'à Damas. Les objectifs étaient surtout stratégiques. Furent ainsi sondées les positions des Druzes et des Arabes nomades. Les envoyés français étaient soit des membres de l'état-major, soit attachés aux troupes comme guides, à l'exemple de ceux d'un bataillon du 13e de Ligne. Des Arabes se mirent également au service de la France, comme un chef des Metwalis du sud, Alî Bey. Ces missions de renseignements, en tout cent trente-six, coûtèrent aux fonds secrets du général en chef douze mille deux cents francs[28]. Elles lui permirent de dresser un « Tableau statistique des districts et localités à réunir pour former le gouvernement du Liban[29]. » D'une précision remarquable, y étaient répertoriées la répartition confessionnelle de la population, le nombre de fusils, les impôts prélevés, les villages principaux, les familles influentes et les autorités locales des quatre principaux qazâ-s (celui de Tripoli au nord, les deux anciens districts chrétien et druze, et celui du sud, autour des villes de la côte). Chacune des nâhiya-s les composant était suivie de notes et d'observations générales. Le « fruit du travail [des] officiers et de nombreux entretiens avec des gens du pays » servit ensuite à élaborer le projet politique du commandant du Corps expéditionnaire français, sous la forme des « notes et renseignements sur le pays qui [devait] former le gouvernement du Liban »[30].

La marine impériale jouait aussi un rôle dans la collecte des renseignements[31] opérationnels au Machrek. Deux stations navales étaient concernées, la division du Levant et celle des côtes orientales de l'Afrique (appelée également de la Réunion et de l'Indochine). Ces terminaisons correspondaient assez peu à des réalités précises. Ainsi, au large du Machrek, les forces susceptibles d'intervenir pouvaient venir des différentes unités croisant en Méditerranée orientale. L'importance numérique de leurs forces était évidemment variable. Composées de quelques petits bâtiments, elles pouvaient voir se joindre, suivant les événements, des frégates et même, quelques fois, des vaisseaux. Instruments de présence le long des routes commerciales, les stations navales devenaient ainsi des unités d'intervention « dans un pays livré à la guerre civile, et où l'autorité locale [était] elle-même hors d'état de protéger les étrangers »[32].

Leurs effectifs étaient parfois renforcés au point de former une véritable escadre, comme pour la division du Levant au moment de l'évacuation du Corps expéditionnaire de Syrie en juin 1861[33]. Son commandement fut confié au vice-amiral Le Barbier de Tinan, et comprenait six vaisseaux et une corvette, répartis en trois divisions. La première était aux ordres de Barbier de Tinan, les deux autres furent confiées aux contre-amiraux Paris et Thoppart[34]. Leur aire géographique était également variable, se trouvant constamment modifiée par les circonstances. La division du Levant, créée en 1841 à Beyrouth, avait été déplacée dans le port grec du Pirée, à la suite de l'affaire Pacifico et de l'intervention d'un corps expéditionnaire anglo-français (janvier 1850-mai 1854).

Au cours de l'année 1860, elle scinda une partie de ses forces pour former, à Alexandrie[35] et à Beyrouth[36], deux nouvelles stations navales. La première avait une utilité stratégique évidente. Elle devait garantir les liaisons de la France avec l'Extrême-Orient, renforçant l'intérêt de la route de Suez en construction. Ce fut notamment le cas lors de la mise en place de l'expédition de Chine[37]. La seconde répondait à une vision géopolitique autant nouvelle qu'éphémère. L'espace de quelques mois, Paris sembla s'intéresser au Machrek. Mais, les prémices de cette nouvelle politique méditerranéenne s'étouffèrent dans les méandres du mandat français au Liban. Une fois son terme atteint, les ministres de la Marine et des Affaires étrangères s'interrogèrent sur la nécessité de maintenir une escadre française au large des côtes de Syrie[38]. Sur l'avis négatif du commissaire français à Beyrouth, Béclard, elle fut rapatriée en mai 1863[39].

Le consul à Beyrouth, Bentivoglio, avait suggéré le maintien au large des « côtes de Syrie de deux bâtiments de haut bord » et de leur escorte pour visiter facilement les villes du littoral, afin de rassurer les chrétiens[40]. Trois avisos assurèrent ainsi une station navale. Mais elle n'avait plus d'autonomie de commandement. De plus, le ministère de la Marine rappela successivement ses vaisseaux, si bien qu'elle finit par disparaître en mai 1863[41]. Cette faiblesse navale n'était pas sans inconvénient. Béclard, lors du départ de l'escadre du Levant[42], puis Outrey, au moment de la disparition de la station de Beyrouth, insistèrent sur le fait que la Grande-Bretagne entretenait « une magnifique frégate avec deux canonnières [43]». Mais Chasseloup-Laubat ne jugea pas utile de reconstituer une force navale au large du Liban[44] et dépêcha temporairement un vaisseau.

La mission des stations navales, avant tout politique, était relayée à terre par les agents consulaires, qui surveillaient les mouvements des bateaux dans les ports. Ensemble, ils assuraient la protection des intérêts nationaux et montraient le pavillon français[45]. Ce qui, dans le Golfe arabique, n'avait guère lieu[46]... Mais les commandants des stations, comme d'ailleurs leurs homologues terriens en opération dans la région, étaient également chargés d'adresser au ministre de la Marine une documentation sur la situation politique des pays visités, leur évolution, leur état économique, l'importance de leur commerce et des intérêts français[47]. Les stations navales se livraient également à la recherche scientifique et technique. S'ils n'avaient guère le loisir de constater des innovations inédites au Machrek, les marins de Napoléon III ne perdaient jamais l'occasion de procéder à des relevés hydrographiques. En 1861, l'ingénieur hydrographe Bouquet de la Grye arpenta ainsi le port d'Alexandrie afin d'en dresser le plan[48].

Une faiblesse politique généralisée

Toutefois, comparativement aux activités de l'Indian Office, les connaissances françaises sur le Machrek restaient aléatoires... Et le gouvernement impérial ne tenait même pas compte des suggestions de ses agents consulaires ou militaires pour y remédier, qu'il s'agisse de renseignement ou d'influence d'ailleurs. La proposition du consul général Bentivoglio, le 6 juin 1861, de maintenir en Syrie, après le départ des troupes françaises, le colonel Chanzy, le capitaine Moch et le sous-lieutenant La Roque ne reçut pas de réponse directe de Thouvenel. Il s'agissait pourtant de contrebalancer l'influence d'agents anglais, civils et militaires, que le consul n'avait « jamais vus en Syrie, depuis cinq ans » qu'il y résidait[49].

Cette situation tranchait avec le début du Second Empire, où l'armée française envoyait plus souvent des missions au Machrek au motif avéré d'acheter de chevaux arabes pour la remonte[50]. La révolution de 1848 avait désorganisé ce service général, créé au lendemain du Premier Empire, par les maréchaux Gouvion Saint-Cyr et Soult. Une commission du ministère de l'Agriculture, présidée par le prince Napoléon, l'avait remplacée en mai pour favoriser « l'émancipation de l'industrie particulière » en métropole. Son rapporteur, Achille Fould, avait préconisé « une politique de libération devant aboutir à la suppression de l'intervention des haras dans la reproduction d'animaux sélectionnés[51]. » En Algérie, le ministère de la Guerre conserva la haute main sur l'élevage des chevaux au profit des besoins militaires. Le maréchal Randon, qui y avait été gouverneur général avant de devenir ministre de la Guerre de 1850 à 1867, comprit tout l'intérêt de la mise en production du cheval algérien, amélioré par l'étalon arabe. Il créa à cet effet le service des remontes et des établissements hippiques d'Afrique du Nord[52].

Dans l'attente des premiers fruits de cette entreprise, des militaires se rendirent en Orient acheter les chevaux dont la cavalerie avait besoin. En décembre 1851, le ministère de l'Agriculture envoya le commandant de Flotte, directeur du dépôt d'étalon d'Arles, au Machrek. L'officier commença par se rendre à Alep, où il rencontra le drogman (interprète) de l'agent secret oriental de Napoléon Ier immortalisé par Lamartine, Fathallah Sâyigh[53]. Il en obtint divers renseignements sur la région. Puis il gagna Al-Mawsil, où un de ses acheteurs s'était procuré un troupeau de chevaux arabes. Le convoi fut ramené par l'Arménie, l'Anatolie et Constantinople. Hommes et bêtes arrivèrent en France très fatigués. Il fallait chercher une voie d'accès plus courte et plus sûre. Il fallait surtout le faire rapidement, d'autant que l'Indian Company commençait à se rendre maître du marché et à éliminer ses concurrents[54].

Quelques mois plus tôt était partie une autre mission, celle du chef d'escadron Edouard Pétiniaud. Accompagné d'une escorte de spahis et de palefreniers, il sillonna durant trois années la Mésopotamie, d'Al-Mawsil à Al-Kuwayt. Sa connaissance de la zone allant de Bandar Bûchir à Bahrayn, en fit un auxiliaire précieux de la diplomatie française dans le Golfe arabique. Le 25 janvier 1853, en compagnie de l'architecte de la commission scientifique de la Babylonie, Félix Thomas, il quitta le Kurdistan pour la Basse-Mésopotamie. Ce qui l'étonna le plus fut d'être appelé Napoléon par les Arabes en annonçant qu'il était Français. A Al-Kuwayt, « il [fut] parfaitement accueilli et [apprit] l'assurance d'y rencontrer enfin les meilleurs chevaux de l'Arabie que de l'Intérieur on amène (...) pour les faire passer aux Indes[55] ».

Le 15 août, il arriva à Bagdad et participa aux festivités de la Saint-Napoléon. Les raisons de sa présence restèrent obscures au vice-consul Tavernier, qui gérait le poste dans l'attente du nouveau consul. Il le présenta à Paris, le 28 août, comme étant simplement « chargé d'une mission du Gouvernement » ; il ne parla pas de son escorte[56]. Trois jours plus tard, il était en mesure de préciser que l'officier souhaitait repartir pour le sud.

L'agent consulaire songea aussitôt mettre à profit les compétences du militaire pour une mission de renseignement : « Les bonnes connaissances que M. Pétiniaud a faites à Couët et à Bender Bouchire le [mettraient] à même de nous procurer tous les renseignements désirés sur la situation politique et administrative de l'Etat voisin de Jazirat (...). Son patriotisme et son attachement au gouvernement de S.M.I. me sont de sûrs garants qu'il ne négligera rien pour s'en acquitter consciencieusement.[57] » Tavernier entendait utiliser l'amitié qu'avaient les Bédouins pour la France, notamment leur souvenir de Napoléon Ier, pour contrebalancer l'influence anglaise dans la région. A Basra, Pétiniaud rencontra le capitaine d'un navire en provenance de la province perse de Lûgiqr. Il apprit ainsi la volonté du Chaykh local d'entrer en contact avec la France. Mais, comme le capitaine le confortait dans son idée de se rendre à Al-Kuwayt pour y trouver des chevaux, il transmit l'affaire à Tavernier[58].

Pétiniaud acheta ses chevaux et retourna à Al-Mawsil. Le 26 février 1854, le consul Place informait un membre de la commission scientifique de la Babylonie, Jules Oppert, de son prochain départ pour Alep[59]. Le 15 avril, la mission militaire prit le chemin de la Syrie, pour gagner l'Algérie. La raison du succès de Pétiniaud avait été ses contacts avec les Arabes. Il avait su se « concilier (...) l'estime générale (...), tant par sa merveilleuse activité que pour la manière dont il se [comportait] avec ses nouveaux hôtes orientaux ou européens[60]. » De tels contacts manquèrent aux missions qui furent envoyées pendant la guerre de Crimée. Procédant fort différemment que Flotte et Pétiniaud, le lieutenant-colonel Lefort échoua à Tarsous, au début de juillet 1854, avec seulement deux bêtes. A la fin du mois, l'officier, son ordonnance, son drogman et son vétérinaire, regagnaient Marseille. La raison de cet échec était double. D'abord, des contingents importants de chevaux avaient été acquis par la cavalerie ottomane[61]. Ensuite, les rapports de l'officier avec les Arabes étaient très peu chaleureux...

L'importance de l'élément indigène avait pourtant été rappelé par le commandant de Flotte, dans une note au ministre de la Guerre du 6 avril 1855. Se fondant sur son expérience de 1851, il rappelait combien « il serait aisé de former des alliances étroites avec tous les chefs de tribus et de trouver par suite tous les chevaux arabes dont nous pourrions avoir besoin. » Cette mission ne lui semblait pas devoir relever de l'état-major ou du service des remontes, mais des Affaires étrangères. Il suffisait d'élargir les compétences du personnel consulaire en poste le long des « déserts de l'Arabie » : ils achèteraient eux-mêmes des chevaux qu'ils embarqueraient à Beyrouth.

Mais les propos du commandant de la Flotte débordaient largement la simple question équestre. Il demandait au maréchal Vaillant « l'autorisation de lui présenter un plan qui aurait pour but de former une vaste alliance avec tous les chefs des nombreuses tribus arabes qui remplissent le désert de Mésopotamie, entre Alep et Bassorah, de manière à ce que, outre de grands intérêts politiques et commerciaux qui en seraient la suite, ces tribus puissent fournir à nos officiers-acheteurs, sur des points rapprochés de la côte, tous les chevaux dont notre cavalerie pourrait avoir besoin[62]. »

Ce projet sembla séduire le général Daumas, directeur des Affaires de l'Algérie au ministère de la Guerre[63], et le conseiller du gouvernement général pour les Affaires indigènes, Ismaïl Urbain[64]. Le 3 août 1855, ils émirent un avis favorable, pensant que la France avait tort de ne chercher que les sympathies des chrétiens. Les Arabes d'Orient, estimaient-ils, pouvaient également rendre d'appréciables services[65]. Mais la certitude du maréchal Randon de résoudre le problème d'approvisionnement en chevaux seulement en Algérie, pour le ministère de la Guerre, et le désintérêt de Walewski pour l'Orient, aux Affaires étrangères, envoyèrent aux oubliettes le projet de Flotte. Cinq ans plus tard, devenu ministre, Randon chargea seulement le colonel Dupreux d'acheter en Syrie de bons étalons pour les haras d'Algérie[66]. L'action politique était confiée, par l'Empereur, au général Beaufort d'Hautpoul[67].

 

 

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Tout se passait comme si les officiers d'état-major, caste déjà à part au sein des armées françaises, œuvraient pour se faire plaisir. Leurs rapports, contenant pourtant de l'information stratégique, d'intérêt strictement militaire le plus souvent, mais aussi parfois politique, voire économique, finissaient invariablement dans les cartons du Dépôt de la Guerre. Jusqu'à ce qu'une opération militaire dans la région viennent les en déloger. Le résultat était souvent déroutant, les données étant vieillies, donc inutilisables. Restaient des rêves, comme celui du « Royaume arabe », qui n'eut jamais vraiment d'assise politique solide, mais que s'acharna à mettre en place un Beaufort d'Hautpoul, ayant connu ‘Abd al-Qâdir du temps où il servait en Algérie et au Liban, au cours de sa première intervention, vingt ans avant son commandement de l'expédition de Syrie...

Cet exemple des capacités de renseignement au Machrek montre combien la coordination politico-militaire est nécessaire dans ce domaine. Sous le Second Empire, l'Europe était la seule préoccupation de Napoléon III. L'Empire ottoman n'avait d'importance que dans cette perspective, ainsi que l'explique la guerre de Crimée. De même, le Liban et l'Egypte ne furent que des obstacles dressés contre l'avancée britannique dans la région. Toutefois, grace à l'action d'individus faisant montre de capacité opérationnelle sur le terrain ou se transformant en analystes au Dépôt de la Guerre, les conditions se trouvaient réunis pour la mutation qui se produisit dans les années 1880 dans le domaine du renseignement en France. Mais il fallut encore que se produisît l'humiliante défaite de 1870. 



  • [1] Le concept de renseignement d'intérêt militaire, n° 135/DEF/EMA/EMP.1/NP.
  • [2] Michel Masson, « Les défis du renseignement militaire », Sécurité Globale, n° 4, été 2008, pp. 9-18, www.diploweb.com/Les-defis-du-renseignement.html
  • [3] On notera que l'on conservât le même échelon de responsabilité lors de la mise en place de structures plus permanentes de renseignement. Cf. Ministère de la Guerre, Aide-mémoire de l'officier d'état-major en campagne (Paris, Imp. nationale, 1er août 1884).
  • [4] Cf. Service historique de la Défense (SHD), Département de l'armée de terre (DAT), Vincennes, 1 MR 2037, « Mémoire sur la création d'un service central de renseignement militaire », par Tanski, 1856. Sur la genèse des services français de renseignement sous le second Empire, on se reportera utilement à Douglas Porch, The French Secret Services. From the Dreyfus Affair to the Gulf War (Londres, MacMillan, 1996), pp. 18-24. Cf. également l'article de Paul Pin, Jean Tulard, Dictionnaire du Second Empire (Paris, Fayard, 1995), pp. 1110-1113.
  • [5] Les officiers nommés étaient le chef d'escadron d'Andigné, à Londres, le lieutenant-colonel Colson, à Saint-Petersbourg, le comte d'Andlau, à Vienne [Archives du ministère des Affaires étrangères (AMAE), Paris, Archives diverses politiques (ADP) France, vol. 376 et Jacques Randon, Mémoires, II, 1877, p. 49]. Le poste de Londres fut doublé d'un attaché naval, le capitaine de frégate Pigeard [André Mattei, « Le Second Empire », Jean Baillou, Les Affaires étrangères et le corps diplomatique français, 1, (Paris, CNRS, 1984), pp. 735-736]. Cf. la très bonne étude, précise et bien détaillée, de Geneviève Salkin-Laparra, Marins et diplomates. Les attachés navals (1860-1914). Essai de typologie. Dictionnaire biographique (Paris, Service historique de la Marine, 1990).
  • [6] Il fut vite remplacé, après un accident de cheval, par le général Ducos de la Hitte puis, en 1866, par le colonel Stoffel [Jacques Randon, Mémoires, II (Paris, Typographie Lahure, 1877), p. 49].
  • [7] AMAE, ADP Egypte, vol. 1, lettre de Le Moyne à Ducos de la Hitte du 9 décembre 1850.
  • [8] Cf. Gérald Arboit, Aux sources de la politique arabe de la France. Le Second Empire au Machrek (Paris, L'Harmattan, 2000), p. 38-40.
  • [9] Hugues Mircher, « Un officier français, chef de mission de coopération militaire au XIXe siècle », Revue historique des armées, 1986, n° 4, pp. 86-96.
  • [10] SHD, DAT, 1 M 1674, Mission en Perse (1857-1858, 1858-1863). Cf. aussi la lettre de Gobineau à Thouvenel du 20 janvier 1862, citée Adrienne Doris Hytier, Les dépêches diplomatiques du comte de Gobineau en Perse (Paris/Genève, Minard/Droz, 1959, pp. 165-167.
  • [11] AMAE, ADP Egypte, vol. 3, lettre du ministre de la Marine, Rigault de Genouilly, à Moustier du 18 février 1867.
  • [12] SHD, DAT, 1 MR 1678, lettre de Randon à Motet du 16 avril 1861, citée dans une correspondance de Mircher du 19 octobre 1864.
  • [13] Char'if Pacha.
  • [14] SHD, DAT, op. cit., lettre de Mircher à Ismâ'îl, du 9 septembre 1864.
  • [15] AMAE, Correspondance politique et consulaire (CPC) Beyrouth, vol. 14, lettre de Drouyn de Lhuys à Outrey du 26 novembre 1862, f. 124-125.
  • [16] Ibid., lettre de Fain au maréchal Randon du 13 juin 1863, f. 193-195 [original dans SHD, DAT, 1 MR 1622].
  • [17] Ibid., lettre de Fain à Drouyn de Lhuys du 20 février 1864, f. 129-136.
  • [18] Ibid., lettre de Fain à Drouyn de Lhuys du 14 mai 1864, f. 152 ; SHD, DAT, 1 MR 1622, lettre à Randon du 5 janvier 1864.
  • [19] Ibid., lettre d'Outrey à Drouyn de Lhuys du 12 décembre 1863, f. 90.
  • [20] SHD, DAT, 1 MR 1622, lettres de Randon à Fain du 12 juillet et de Fain à Randon du 3 août 1865.
  • [21] Ibid., 1 MR 1678, ce travail est daté de Metz, le 1er mai 1863.
  • [22] Archives nationales (AN), Paris, BB4, vol. 878, Division du Levant, 1869, lettre de Rigault de Genouilly à Mouchez du 23 décembre 1869. Cf. Etienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, 1982, p. 244.
  • [23] AMAE, Correspondance politique (CP) Turquie, vol. 301, lettre d'Aupick à Drouyn de Lhuys du 19 mars 1849, f. 37-38.
  • [24] AMAE, Mémoires et documents (MD) Turquie, vol. 57, f. 149-165. Ce premier rapport de la mission d'Anatolie était suivi de deux cartes des provinces asiatiques de l'Empire ottoman, à l'exception de l'Arabie.
  • [25] en mai 1861 [SHD, DAT, 1 MR 1622].
  • [26] SHD, DAT, 7 YD 1490, et E. Franceschini, « Chanzy, Antoine Alfred Eugène (1823-1885) », Dictionnaire de Biographie française, 8, pp. 404-406.
  • [27] Ibid., G4, 1, annexe au rapport de Beaufort d'Hautpoul au maréchal Randon du 9 septembre 1861.
  • [28] Ibid., Fonds secrets, août 1860-juin 1861, dépenses de M. le marquis de Beaufort d'Hautpoul, général de division commandant. Cf. Gérald Arboit, « Les capacités de renseignement des armées au XIXe siècle : l'exemple de l'expédition de Syrie de 1860 », CF2R, note historique n° 5, août 2007.
  • [29] Ibid., document annexé à la lettre de Beaufort d'Hautpoul à Randon du 15 février 1861.
  • [30] Ibid., lettre du 15 février 1861 [copies aux AMAE, MD Turquie, vol. 122 et 134, f. 378-391 et 140-153].
  • [31] Cf. les études d'Alexandre Sheldon-Duplaix, « Le renseignement naval français des années 1850 à la Deuxième guerre mondiale », et « Un marin du Second Empire au service du renseignement. Le capitaine de vaisseau Pigeard et les programmes navals anglais et américains (1856-1869) », Revue historique des armées, n° 225, 2001, pp. 47-64 et n° 247, 2007, pp. 13-30.
  • [32] Alex. de Clercq et M.C. Vallat, Guide pratique des consulats (Paris, Guillaumin, 1868), p. 51.
  • [33] Cf. Gérald Arboit, Aux sources..., op. cit., p. 173-174.
  • [34] AMAE, CPC Beyrouth, vol. 13, lettre de Bentivoglio à Thouvenel du 2 juin 1861, f. 246. Cf. AN, BB4, vol. 791, lettre de Chasseloup-Laubat à Barbier de Tinan du 5 mai 1861. L'escadre comprenait en fait huit vaisseaux, mais deux repartirent immédiatement en France avec des troupes du corps expéditionnaires.
  • [35] AN, BB4, vol. 782, lettre de Chasseloup-Laubat au capitaine de vaisseau Fisquet du 6 janvier 1860.
  • [36] Ibid., lettre au capitaine de vaisseau de la Grandière du 11 octobre 1860.
  • [37] Cf. la correspondance de Fisquet, du 21 juin 1860 au 26 décembre 1864, Ibid., vol. 794.
  • [38] AMAE, lettres de Thouvenel du 6 septembre 1861 à Béclard, MD Turquie, vol. 142, f. 308, et à Bentivoglio, CPC Beyrouth, vol. 13, f. 328.
  • [39] Ibid., MD Turquie, vol. 142, lettre de Béclard à Thouvenel du 26 septembre 1861, f. 341-343 ; AN, BB4, vol. 791, lettre de Chasseloup-Laubat au contre-amiral Simon du 25 mai 1863.
  • [40] Ibid., CPC Beyrouth, vol. 13, lettre à Thouvenel du 25 septembre 1861, f. 347-348.
  • [41] Ibid., vol. 14, lettre d'Outrey à Drouyn de Lhuys du 3 mai 1863, f. 170-171.
  • [42] Ibid., MD Turquie, vol. 144, lettre de Béclard à Thouvenel du 15 mai 1862, f. 308-311.
  • [43] Ibid., CPC Beyrouth, vol. 14, lettre à Drouyn de Lhuys du 3 mai 1863, f. 310.
  • [44] AN, BB4, vol. 831, lettre de Chasseloup-Laubat à Drouyn de Lhuys du 15 juin 1863.
  • [45] Etienne Taillemite, « Stations navales », Jean Tulard, op.cit., pp. 1214-1215.
  • [46] Cf. AMAE, CPC Bagdad et Mossoul, vol. 4, lettre de Tavernier du 31 août 1853, f. 109 ; vol. 5, lettres de Delaporte du 29 mars 1864, f. 229, et de Pelissier de Reynaud du 8 février 1866, f. 260, à Drouyn de Lhuys.
  • [47] Ces rapports sont conservés aux AN, BB4. Ils constituent une sources précieuses pour l'histoire des pays du Levant au cours du XIXe siècle, complétant dans une large mesure la Correspondance consulaire et commerciale.
  • [48] AN, BB4, vol. 795, Division du Levant, station d'Alexandrie, 1861, lettre de Chasseloup-Laubat à Touchard du 18 mars 1861. Cf. F. Marquis, Dictionnaire de Biographie française, 6, p. 1380, Etienne Taillemite, op.cit., p. 43, et « Bouquet de la Grye (Jean-Jacques), 1827-1909, ingénieur hydrographe », Jean Tulard, op.cit., p. 202.
  • [49] AMAE, CPC Beyrouth, vol. , f. 248.
  • [50] Action de fournir des chevaux.
  • [51] Le rapport Fould a été publié au Journal officiel de la république française, le 26 avril 1848, et chez Dupont-Paris.
  • [52] En 1854, le vice-consul de Tarsous, Mazoillier, attirait l'attention du gouvernement impérial sur le nécessité de propager en Algérie la race chevaline syrienne [J. Mazoillier, Les chevaux arabes de Syrie (Paris, 1854) et la recension dans la Revue de l'Orient, de l'Algérie et des Colonies, 1854-15, p. 66]. Cf. le bon article du colonel Denis Bogros, « Remonte (la) », Jean Tulard, op.cit., pp. 1107-1108.
  • [53] Cf. Gérald Arboit, « Le dernier rêve oriental de Napoléon », Revue de l'Institut Napoléon (Paris), n° 163, pp. 55-72.
  • [54] SHD, DAT, G8, 145, rapport de Flotte à Vaillant du 6 avril 1855. Copies dans AMAE, MD Turquie, vol. 53, f. 229-237 (anonyme), et Centre d'archives de l'Outre-Mer (CAOM), Aix-en-Provence, 1 E 246.
  • [55] AMAE, CPC Bagdad et Mossoul, vol. 4, lettre à Drouyn de Lhuys du 31 août 1853, f. 108, et AN, F21, 548, note de frais de voyage de Félix Thomas du 19 septembre 1853.
  • [56] Ibid., lettre à Drouyn de Lhuys, f. 104.
  • [57] Ibid., lettre à Drouyn de Lhuys du 31 août 1853, f. 107-109.
  • [58] Ibid., lettre de Pétiniaud à Tavernier du 27 septembre 1853, f.118. L'agent consulaire ne reçut aucune instruction de Paris pour contacter le Chaykh.
  • [59] Maurice Pillet, L'expédition scientifique et artistique de Mésopotamie et de Médie (Partis, Champion, 1922, p. 194.
  • [60] AN, F21, 548, lettre de Fresnel à Persigny du 31 mars 1852.
  • [61] AMAE, CPC Alep, vol. 2, lettre de Mazoillier à Drouyn de Lhuys du 8 juillet et relevé des Messageries impériales du 26 juillet 1854, f. 203-204 et 213.
  • [62] SHD, DAT, G8, 145, rapport de Flotte à Vaillant du 6 avril 1855. Copie dans AMAE, MD Turquie, vol. 53, f. 234-237 (anonyme), et CAOM, 1 E 246.
  • [63] Roger Martin, « Daumas (Melchior Joseph Eugène), 1803-1871, général, sénateur », Jean Tulard, op.cit., p. 403.
  • [64] Jean Martin, « Urbain (Ismaïl Thomas), 1812-1884, publiciste », Ibid., p. 1294.
  • [65] SHD, DAT, G8, 145, note de Daumas et Urbain au maréchal Vaillant. Copie dans CAOM, 1 E 246.
  • [66] Ibid., G4, 3 bis, cahier C, lettre de Randon à Beaufort d'Hautpoul du 30 novembre 1860.
  • [67] Ibid., lettre de Randon à Beaufort d'Hautpoul du 25 octobre 1860 et AMAE, Papiers d'agents, Thouvenel, 223, vol. 2, lettre de Beaufort d'Hautpoul à Thouvenel du 3 septembre 1860, f. 139-140.

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