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NOTE HISTORIQUE N°31
LE RENSEIGNEMENT DANS LA VIE DE IAN FLEMING

Herman Matthijs
31-07-2010

Herman Matthijs
Professeur à la Vrije Universiteit Brussel

 

Ian Fleming n'a pas seulement écrit les James Bond , il est également l'auteur d'un livre pour enfants, écrit en 1964 : Chitty Chitty Bang Bang : the Magical Car . Ce livre a été porté à l'écran en 1968 sur la base du script de Roald Dahl et Ken Hughes. Les rôles principaux étaient tenus par Dick van Dycke, Gert Fröbe et Benny Hill. Mais la personne de Ian Fleming restera toujours indissociable du personnage de « 007 ».

Au service secret de Sa Majesté

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Ian Fleming est lié à la Naval Intelligence. Dans ce service, qui n'a aucun rapport avec le MI-5 ou le MI-6, il est nommé assistant personnel du directeur,  John Godfrey, au début du conflit.

À partir de septembre 1942, Fleming prend la tête d'une unité spéciale : la  30 Assault Unit (« 30 AU »). La tâche de cette unité secrète consiste à infiltrer le territoire allemand et la zone occupée. Son but principal étant de se renseigner sur le programme nucléaire militaire allemand [1]. La « 30 AU » se compose initialement de trois unités différentes qui seront réunies en un seul ensemble au mois de décembre 1942. Cette « 30 AU » est très indépendante et reçoit ses ordres directement des plus hautes sphères de la politique britannique ainsi que de l' Intelligence Community .

Dans le cadre de ses missions secrètes, l'unité cherche à découvrir, derrière les lignes allemandes, des codes, des documents, toutes sortes de matériel ainsi que les connaissances des scientifiques allemands en matière de fabrication d'armes nucléaires.

Avant le débarquement en Normandie ( D-Day , 6 juin 1944), diverses missions sont organisées en Afrique du Nord, en Grèce, en Italie, en Corse et en Norvège. Le 6 juin 1944, la « 30 AU » est affectée aux zones de débarquement Juno Beach (débarquement britannique et canadien) et Utah Beach (débarquement américain). Son objectif principal » est de réunir toutes sortes d'informations sur la base du « Black Book  ».

Dans ce « livre noir » figurent les scientifiques allemands possédant des connaissances sur l'énergie nucléaire et le matériel atomique. Ces personnes et ce matériel doivent être identifiés à tout prix. Une fois découvertes, les scientifiques sont arrêtés sur-le-champ et emmenés dans les Iles britanniques pour interrogatoire.

Dans la pratique, une dizaine de savants sont arrêtés et réunis dans une Safehouse à Farn Hall, près de Cambridge. Cette opération d'interrogatoire porte le nom de Operation Epsilon . Tout le monde s'accorde à dire, jusqu'à ce jour, que personne ne sait rien de précis des résultats de cette opération.

Fin 1944, début 1945, Ian Fleming revient d'Extrême-Orient où il travaillait comme officier de liaison à la Naval Intelligence . Le 4 janvier 1945, il est convoqué à Londres pour une opération ultrasecrète : rechercher les fonds et l'or des Nazis [2].

Sur le plan politique, la lutte financière contre l'Allemagne nazie est l'œuvre de Henry Morgenthau, « secrétaire du Trésor » américain. Ce dernier est le confident du président Roosevelt et fait partie du cabinet américain entre 1933 et 1945. Il s'oppose ensuite au président Harry Truman, parce que le nouveau chef suprême des États-Unis d'Amérique ne veut rien savoir de son idée de faire de l'Allemagne un pays purement agricole après la guerre [3].

En janvier 1945, les Britanniques arrivent à la conclusion que des opérations secrètes américaines auraient été lancées pour s'approprier les finances nazies.

Une autre opération de la « 30 AU » s'appelle Operation Paperclip . Elle a pour objectif de faire passer d'Union soviétique en Grande-Bretagne des savants et autres responsables du régime nazi, dans les semaines qui suivent le 8 mai 1945. Ian Fleming participe également à cette opération secrète.

Une autre opération, l' Operation J-B , en mai 1945 a pour but d'exfiltrer Bormann de Berlin. Les Britanniques partent du principe que Bormann sait tout des comptes bancaires suisses ainsi que des pierres précieuses cachées et des œuvres d'art. Christopher Creighton est un des membres de cette opération, dirigée par Ian Fleming. Ce dernier choisit de nommer cette opération ultrasecrète : James Bond (J-B).

Ian Fleming a emprunté ce nom de  James Bond à un écrivain existant. En effet, il s'agit de l'ornithologue James Bond, l'auteur de l'ouvrage Field Guide to Birds of the West Indies . Ian Fleming a acheté ce livre en novembre 1944, lorsqu'il a visité les îles Caraïbes pour la première fois.

Ces opérations sont pratiquement restées inconnues jusqu'à ce jour. Cependant, en 1996, Christopher Creighton [4], pseudonyme de John Ainsworth Davis, dévoile que, lors d'une opération secrète, il a exfiltré Martin Bormann, de la partie de Berlin occupée par les Soviétiques, vers les Iles britanniques.

Bormann était quasiment le gardien du trésor du IIIe Reich, mais il n'existe aucune preuve de son sort après la Deuxième Guerre mondiale. Martin Bormann a été condamné à mort par contumace en 1946 lors du procès de Nuremberg. Officiellement, il est porté disparu, mais, en 1972, des squelettes sont découverts dans Berlin Ouest pendant les travaux du métro. Un de ces squelettes serait celui de Martin Bormann. Mais d'après Creighton, Bormann séjourne en Grande-Bretagne jusqu'en 1956, pour ensuite disparaître en Amérique du Sud.

Le livre de Creighton a suscité de nombreuses discussions. Sa lecture prête à rire pour diverses raisons : Bormann est resté invisible pendant des dizaines d'années, cette opération s'appelle James Bond et c'est Ian Fleming qui la dirige.

Cependant, il est impossible d'ignorer les lettres du Premier ministre Churchill, de Lord Mountbatten et de Ian Fleming à propos de cette opération secrète qui sont publiées dans ce livre. Surtou, il apparaît que les pièces concernées ont été rendues illisibles dans les archives du service secret britannique.

L'avant-guerre

Ian Lancaster Fleming naît à Londres le 28 mai 1908. Il suit une formation au prestigieux Eton College et à l'académie militaire britannique de Sandhurst.

Son grand-père - Robert Fleming - est né dans la ville écossaise de Dundee. Il est à l'origine de la fortune familiale constituée grâce à des investissements dans les chemins de fer américains.

Le père de Ian s'appelle Valentine Fleming. Il a étudié également au Eton Collège et à l'université d'Oxford. Valentine Fleming est membre de la maison militaire britannique pour le Parti conservateur et meurt avec le grade de major pendant la Première Guerre mondiale en France (1917). Valentine était un grand ami de Winston Churchill [5].

À partir de ce moment, Ian Fleming est élevé par sa mère, Evelyn Saint Croix Rose. La famille compte quatre fils : Peter, Ian, Richard et Michael. Le frère aîné, Peter, étudie à Eton et y jette les bases d'une carrière d'écrivain/journaliste.

Ian Fleming quitte Eton et va à Sandhurst pour son dix-huitième anniversaire. Dans cette académie militaire, il ne termine pas sa formation. Sa mère l'envoie alors à Kitzbühel en Suisse, chez Ernan et Phylis Forbes. Ernan Forbes est ancien diplomate et collaborateur du service secret étranger britannique, le MI-6. Phylis a écrit plusieurs romans. Pendant ce séjour dans les Alpes suisses, Ian Fleming apprend le français et l'allemand.

Son talent d'écrivain, qui se déclarera plus tard, se développe également en cette occasion. En 1928, Ian s'inscrit à un cours de russe à l'université de Munich. À son retour dans les Iles britanniques, Ian essaie de passer l'examen diplomatique, mais il échoue et travaille alors pour l'agence de presse Reuters. À cette époque, celle-ci livre une rude bataille contre sa concurrente américaine, United Press.  En mars 1933, un des nombreux procès-spectacles organisés sous la dictature de Staline débute à Moscou. Plusieurs collaborateurs britanniques, entre autres, y sont accusés d'espionnage.

L'agence Reuters ne compte pas vraiment beaucoup de personnes connaissant le russe parmi ses collaborateurs et Ian Fleming se retrouve donc à Moscou pour assister aux procès. Ce procès redonne courage à Reuters dans sa lutte médiatique impitoyable contre d'autres agences de presse. Et Ian Fleming se fait connaître en Union soviétique ainsi qu'en Occident, parce qu'il est le seul journaliste britannique au procès.

En octobre 1938, il surprend tout le monde en démissionnant de la Reuters et en devenant associé dans une banque commerciale. Plus tard, il devient même courtier en bourse. Cette partie de sa vie lui apporte la prospérité nécessaire et se traduit par une vie de luxe.

L'approche de la Deuxième Guerre mondiale pousse les services de renseignement britanniques à rechercher des personnes possédant des connaissances en cryptologie, en télécommunications et en langues étrangères. Ainsi, l'écrivain Graham Greene (1904-1991) se retrouve au MI-6, Hugh Trevor au Radio Security Service et Ian Fleming à la Naval Intelligence [6], dès le printemps 1939.

Le recrutement de Ian Fleming s'est fait par l'entremise du gouverneur de la Bank of England , Montagu Norman, une connaissance de la mère de Fleming, qui entretient de bonnes relations avec le chef de ce service de renseignement, l'amiral John Godfrey. Ce dernier est Director of Naval Intelligence (DNI) de la Royal Navy pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Dans ce service, Fleming est l'assistant personnel de l'amiral Godfrey et le D.N.I. s'intéresse surtout aux connaissances linguistiques de Ian. Il obtient le grade de Commander dans la Naval Intelligence . C'est aussi le grade de James Bond en tant qu'« agent 007 » dans les films du même nom. John Godfrey servira de modèle pour le personnage de « M » dans les publications ultérieures et les transpositions à l'écran [7].

Au sein de la Naval Intelligence , Fleming s'occupe principalement de la planification et de l'organisation du service de renseignement de la marine. Mais Ian Fleming ne travaillera jamais pour le Secret Intelligence Service (SIS, aussi appelé MI-6) britannique [8], le service de James Bond.

La galaxie du renseignement britannique [9]

En 1909, les autorités britanniques créent le Secret Service Bureau (SSB). Ce service se scinde très vite en un département de contre-espionnage, qui deviendra le MI-5) et un service de renseignement extérieur, le futur MI-6.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la Military Intelligence britannique compte quelque 19 départements :

- le MI-1 ( Military Intelligence Department 1 ), est responsable du décryptage des codes secrets ;

- le MI-2 s'occupe de l'espionnage en Russie et dans les pays scandinaves ;

-  le MI-3 se charge du travail d'espionnage dans le reste de l'Europe de l'Est ;

- le MI-5 a été créé en 1909 pour s'occuper de l'espionnage allemand dans les Iles britanniques. En 1916, il devient une composante de la Military Intelligence .

Installé à Thames House, à Londres, ce service a pour but de défendre le Royaume-Uni, ses habitants et les intérêts nationaux contre toutes les menaces sur son territoire et outre-mer. Le Security Service Act de 1989 place le MI-5 sous la responsabilité du ministère de l'Intérieur ( Home Office ). Son appellation moderne, Security Service,  est officielle depuis 1931, mais tout le monde parle encore du MI-5.

- le MI-6 ou Secret Intelligence Service a son siège à Vauxhall Cross à Londres. La Première Guerre mondiale et, surtout, la Deuxième Guerre mondiale entraînent l'octroi de nombreux moyens à ce service. Ce n'est qu'en 1994 que le service secret étranger bénéficie d'une base légale ( Intelligence Service Act ).

Le ministre des Affaires étrangères ( Foreign Office ) est responsable de ce service. Pour des raisons de sécurité, le budget du SIS n'est pas publié. Cependant, à l'heure actuelle, le coût budgétaire total des divers services de renseignement, dont celui du Government Communications Headquarters (GCHQ) représente quelque 1,6 milliard de livres sterling dans le budget de l'État britannique.

Les sources d'inspiration littéraires

Pour ses livres, Ian Fleming se base sur diverses sources d'inspiration:

- les aventures de l'Écossais Patrick Dalzel-Job (1913-2003) pendant les opérations commando de l'armée britannique et dans le cadre de la « 30 AU » en Norvège pendant la Deuxième Guerre mondiale ;

- ses propres expériences au sein de la Naval Intelligence [10] ;

- celles de son frère, Peter Fleming, qui, pendant la guerre, a travaillé pour le Special Operations Executive (SOE) [11].

- la vie de Dusko Popov (1912-1982). D'origine yougoslave, Popov est un agent double du MI-6 au sein de l'Abwehr allemande. Pendant sa visite aux États-Unis en 1941 pour les Allemands, il renseigne déjà le FBI sur l'intérêt des puissances de l'Axe pour la base de la marine américaine de Pearl Harbor. Toutefois, le FBI ignore ce tuyau.

Par la suite, Popov transmettra de nombreuses fausses informations des Britanniques aux Allemands. Il est considéré comme l'un des plus grands agents doubles de l'histoire [12]. Le général Patton appellera Popov « le papillon de l'espionnage pendant la Deuxième Guerre mondiale ».

Si Popov est important pour les services secrets britanniques, les Américains ont eux aussi une source majeure de renseignements en la personne de Fritz Kolbe au sein de l'Assenministerium. Ce fonctionnaire allemand fournit de nombreux plans de l'Allemagne nazie aux Américains. L'ancien chef de la CIA, William Casey (1981-1987), considérera Kolbe comme «  the greatest spy coup of world war II  » («  le plus beau coup d'espionnage de la Deuxième Guerre mondiale  »).

Le service secret britannique découvre Kolbe, mais le taxe « d'agent double » ou d'avoir « communiqué des informations de valeur limitée » [13]. Un des responsables au MI-6 britannique de la vérification des informations de Kolbe est Kim Philby, un véritable agent double au profit de l'Union soviétique [14].

Ian Fleming n'est assurément pas le seul auteur de romans d'espionnage où des agents secrets tiennent le rôle titre. L'écrivain américain James Fenimore Cooper (1789-1851) a introduit le roman d'espionnage dans la littérature avec son livre L'Espion de 1851. Avant, l'écrivain français Alexandre Dumas (1802-1870) avait déjà expliqué le rôle des espions dans son roman Les trois Mousquetaires , dont le héros, d'Artagnan, doit lutter contre les espions du cardinal de Richelieu (1585-1642). Outre ces premiers récits de fiction mettant en scène des agents secrets, il existe des œuvres plus fidèles à la réalité, comme celles de l'écrivain britannique Frederick Forsyth (1938-) qui a basé son livre Le Dossier Odessa (1972) sur l'espion allemand Wolfgang Lötz (1921-1995) qui, entre 1959 et 1965, travaillait au Caire pour le service secret israélien, le Mossad. Il a également écrit Le Chacal (1971) [15] sur les attentats contre le président français Charles de Gaulle.

John Le Carré (1931-), qui a écrit plusieurs romans d'espionnage [16] basés sur ses expériences personnelles en tant qu'agent du MI-5 et, à partir de 1960, du MI-6, est une version plus moderne de Ian Fleming. Ses œuvres critiquent en fait les personnes trop héroïques de Fleming.

À la relecture de la littérature, plutôt restreinte, concernant les services de renseignement et, surtout, le contexte historique s'y rapportant, il convient de conclure que les pays travaillent depuis des siècles avec les services secrets.

Ainsi, l'auteur chinois Sun Tzu (300 av. J-C) écrit déjà, dans sa célèbre œuvre L'Art de la guerre , à propos de l'importance et de l'utilité du renseignement [17]. De même, pendant la période romaine, l'intérêt pour les services de renseignement est vif et ce, pour évaluer l'opposition intérieure, les terres conquises et les ennemis extérieurs. [18] Au Moyen-âge [19] également, des services de renseignement sont créés par le Vikings, puis les Normands pour évaluer leurs adversaires dans les terres à conquérir.

Le monde du cinéma [20] s'occupe, dès avant la Deuxième Guerre mondiale, de faire des films d'espionnage. Alfred Hitchcock donne le ton avec divers films de ce type dans les années 1930 : L'homme qui en savait trop (1934), Les 39 marches  (1935) et Agent secret (1936).

Pendant la Deuxième Guerre mondiale et dans les années qui suivent, plusieurs films américains et britanniques en rapport avec les activités d'espionnage de cette période sont tournés.

Un des meilleurs films s'appelle Le troisième homme (Grande-Bretagne, 1949) mis en image par Carol Reed. Dans ce film, un écrivain américain (joué par Joseph Cotten) tente de retrouver son vieil ami Harry Lime (joué par Orson Welles) dans la ville de Vienne, occupée par les quatre alliés.

D'après certains, l'auteur de Le troisième homme , Graham Greene, s'est inspiré du personnage de Kim Philby pour le rôle de Harry Lime et ce, dès 1949. Le personnage de Harry Lime est recherché dans la zone britannique de Vienne et a de bons contacts avec les Soviétiques.

Après la Deuxième Guerre mondiale, divers films d'espionnage traitent de la Guerre froide. Des livres de John le Carré ( L'espion qui venait du froid , 1965), concernant les activités d'espionnage entre les Britanniques et le régime est-allemand, et de Frederick Forsyth ( Le Quatrième protocole , 1987), traitant des pratiques d'espionnage soviétiques au Royaume-Uni, sont portés à l'écran.

Les récits d'espionnage font également l'objet de divers feuilletons télévisés : Chapeau melon et bottes de cuir   (1961-1969) et la nouvelle série de 1976 ( The New Avengers ), L'Agent secret  (1964-1966), l'interprétation de Roger Moore dans Le Saint (1962-1969), la série américaine Des agents très spéciaux avec Robert Vaughn et David McCallum (1964-1968) et Mission impossible (1966-1973). Cette dernière série est adaptée trois fois pour cinéma dans les années 1990 et 2000.

Les œuvres de Ian Fleming [21]

Après la Deuxième Guerre mondiale, Ian Fleming retourne à son ancien amour : l'écriture [22]. Le 10 novembre 1945, il est relevé de sa tâche à la Naval Intelligence . Il travaille alors à la rédaction étrangère de Kemsley Newspapers  . Il écrit également pour le Sunday Times .

Pendant l'été, il vit en Angleterre et il passe l'hiver dans sa maison « Goldeneye » à la Jamaïque, île des Caraïbes. Sur la base de ses propres aventures, de celles d'amis et de son imagination, il écrit des livres parlant de l'agent secret « James Bond ». Il est agent secret du MI-6. Il reçoit un numéro « 00 », ce qui donne à Bond un permis de tuer. Fleming emprunte le nom « James Bond » à l'ornithologue du même nom qui a écrit un livre relatif aux oiseaux des Antilles anglaises.

Son premier livre paraît sous le titre Casino Royale (1953). Ce livre se base sur ses propres expériences pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ainsi, en mai 1941, Fleming est à Lisbonne, où il visite le casino d'Estoril et perd beaucoup d'argent au jeu. Il fait également la connaissance d'espions allemands et de Dusko Popov. À la mi-1954, ce livre en est à sa troisième réédition, mais il se vend à peine en dehors du Royaume-Uni. La chaîne de télévision américaine CBS est très intéressée par une adaptation cinématographique. Le livre est adapté pour le show télévisé en direct Climax Mystery Theatre . Bond y devient un agent secret américain. La première télévision de James Bond est assurée par l'acteur Barry Nelson. Cependant, le tournage en direct n'est pas vraiment un succès.

En 1954 paraît Vivre et laisser mourir . Cette œuvre se base sur les expériences personnelles de Fleming pendant la Deuxième Guerre mondiale. Fleming vint à New York, à la mi-1941, pour apporter ses conseils aux Américains à l'occasion de la création de leurs propres services de renseignement. Concrètement, il s'agit de l' Office for Strategic Services ( OSS), le prédécesseur de la CIA. En cette occasion, Fleming rencontre Edgar Hoover, le chef du FBI, et William Stephenson, le chef du MI-6 à Washington. L'écrivain se facilite les choses en choisissant l'île de la Jamaïque comme cadre de la majeure partie de l'histoire de ce livre.

Le troisième livre de Ian Fleming s'appelle Moonraker et sort en 1955. C'est une véritable histoire d'espionnage où Bond agit pour la première fois davantage avec ses neurones (partie de bridge contre Hugo Drax) qu'avec ses poings. Toutefois, cette œuvre suscite des réactions mitigées et ne remporte pas un succès retentissant.

L'année suivante paraît Les diamants sont éternels (1956), un livre que tout le monde s'accorde à considérer comme un des moins réussis de la série. Le livre se passe principalement à Las Vegas, la ville du jeu.

L'année suivante, c'est Bons baisers de Russie , la cinquième histoire de James Bond (1957) qui est éditée. À propos de la Russie, Fleming avait déjà acquis l'expérience nécessaire dans les années 1930 en tant que journaliste pendant les procès « Staline ». Le récit se passe à Istanbul, endroit stratégique pendant la Guerre froide. Dans les années 1950, Fleming visite Istanbul en qualité de journaliste également dans le cadre d'une conférence Interpol. De la sorte, l'écrivain Fleming situe maintenant le personnage de James Bond dans la longue période des tensions entre l'Est et l'Ouest.

Fleming devient de plus en plus populaire auprès du public, suite notamment au séjour du Premier ministre britannique, Anthony Eden, en 1957, dans la maison de Fleming, « Goldeneye », avant sa démission suite à la crise de Suez .

Le journal britannique The Daily Express entame ainsi une bande dessinée quotidienne avec James Bond.

En 1961, le Président Kennedy dit compter Bons baisers de Russie parmi ses livres préférés. Une telle déclaration du chef de l'État américain ne peut que faire grimper les ventes.

Ian Fleming bénéficie alors d'un énorme succès, mais l'écrivain se lasse quelque peu de son personnage.

Mais les fidèles fans britanniques demandent une suite. Une expédition sur Inagua, une île des Caraïbes, donne à Fleming assez de matière pour se remettre à écrire. Le sixième ouvrage s'intitule Dr. No (1958).

Le traditionnel Beretta de Bond, considéré comme trop féminin, est remplacé par le Walther PPK ». De même, le personnage de Felix Leiter de la CIA est mis en avant dans les livres. Il s'agit d'une conséquence des contacts de Fleming pendant la guerre. En qualité d'officier de la Naval Intelligence , Fleming avait des contacts réguliers avec l'OSS américain et, plus spécifiquement, avec Ernest Cuneo. Ce dernier est l'officier de liaison entre les services secrets américains et britanniques pendant un long moment durant la Deuxième Guerre mondiale. Fleming et Cuneo deviennent Bond et « Felix Leiter » dans les livres.

Dr. No est un succès et Fleming commence à écrire de nouveaux récits. Ainsi, Goldfinger , le septième livre, est écrit en deux mois et paraît en 1959.

L'écrivain commence alors une période d'écriture très lucrative avec le recueil Rien que pour vos yeux (1960), qui se compose de cinq événements secrets dans la vie de « 007 » : «  Dangereusement vôtre  », «  Rien que pour vos yeux  », «  Risico  », «  Quantum of Solace  » et «  Le spécimen rare de Hildebrand  ». Après le succès de Bons baisers de Russie et de Dr. No , Fleming essaie de nouveau de vendre ses livres aux cinéastes. En 1959, un projet avec la chaîne américaine CBS pour une série de 32 épisodes sur le thème du « Commander Bond » tombe à l'eau. Toutefois, après le recueil susmentionné, l'intérêt pour les œuvres de Fleming se ravive. Cette fois, le producteur de film américain Kevin Mac Clory et le scénariste Jack Whittingham s'y intéressent. Avec Fleming, ils commencent le scénario de Longitude 78 West , dont James Bond est le personnage principal. Mais la collaboration ne se passe pas bien et, sur conseil médical, Fleming doit prendre du repos sous le soleil de la Jamaïque.

Il y écrit Opération Tonnerre en 1961. Cela lui vaut un long procès parce que Mac Clory et Whittingham estiment que Fleming a utilisé les travaux de Longitude 78 West . Malgré tous les problèmes juridiques, ce livre bat tous les chiffres de vente existants des Bond. Finalement, les droits intellectuels de ce livre sont attribués à Ian Fleming.

En 1961, les producteurs américains Albert Broccoli et Harry Saltzman engagent séparément des pourparlers avec Fleming. Finalement, les deux producteurs s'associent dans la société Eon productions et achètent tous les droits des livres « James Bond » de Fleming, à l'exception de Opération Tonnerre , encore contesté en justice, et de Casino Royale , dont les droits appartiennent à Charles Feldman. Le livre Moonraker fait à ce moment-là aussi l'objet d'un litige juridique, mais est attribué ultérieurement à Broccoli et Saltzman. L'accord entre Ian Fleming et les deux producteurs américains implique que tous les livres existants, à l'exception des trois susmentionnés, reviennent à Eon productions. En outre, ce contrat stipule également que tous les futurs livres de Ian Fleming concernant « James Bond » sont déjà achetés. Enfin, L'accord avec Eon productions  veut qu'en cas d'éventuelle adaptation, seul le titre soit maintenu pour le grand écran.

En 1962, Fleming remporte un grand succès avec l'adaptation de Dr. No , mais les films s'écartent des livres. Ainsi, l'humour est pratiquement absent des livres de Fleming alors qu'il est assez présent dans les films.

Un long litige oppose Fleming et les producteurs américains concernant l'acteur qui peut interpréter le rôle de « 007 ». Ian Fleming veut l'acteur britannique David Niven et n'est pas satisfait le moins du monde du choix des producteurs : l'Écossais Sean Connery. Néanmoins, Fleming change d'attitude lorsqu'il voit le résultat du film avec son compatriote écossais. Dans les derniers livres, Fleming donne même à « James Bond » des origines écossaises.

En 1962 toujours, le dixième livre de la série Bond sort :  L'espion qui m'aimait . C'est l'œuvre la plus courte de la série. En outre, ce livre est interdit dans plusieurs langues en raison des scènes pornographiques qui figurent à son début.

Après la critique du dixième livre, Fleming se retire en Jamaïque. Résultat de son travail actif d'écriture, les œuvres Au service secret de sa Majesté (1963) et On ne vit que deux fois (1964) sont acclamées par tous. Les deux livres forment, avec Opération Tonnerre , comme la trilogie « Blofeld ».

Pendant l'année 1943, Ian Fleming visite, pour la Naval Intelligence , un camp de formation pour commandos à Oshawa, au Canada. Quelques-unes de ses expériences sont reproduites dans On ne vit que deux fois .

 Dans Au service secret de sa Majesté , Ian Fleming lance également le blason de James Bond : « Orbis non sufficit » en latin ou « Le monde ne suffit pas ».

En 1964, Ian Fleming écrit encore son treizième livre L'homme au pistolet d'or , mais il n'aura pas l'occasion de le relire. Le livre est publié en 1965 à titre posthume.

Enfin, sous le titre Octopussy , un recueil qui se compose de trois volets, est publié à titre posthume en 1966. Il comprend :

 - Octopussy  : une histoire courte du début des années 1960;

- Bons baisers de Berlin  : un récit qui a déjà été publié en 1962 par le journal The Sunday Times  ;

- La sphère d'émeraude  : un récit écrit pour le compte de la maison de vente aux enchères londonienne Sotheby.

La poursuite de l'oeuvre de Fleming

Sur les conseils de son comptable et pour des raisons fiscales, Ian Fleming crée une société, au milieu des années 1950, pour les droits intellectuels ainsi que les revenus de ses livres. Le nom initial de ce montage juridique est Glidrose production», du nom des deux témoins John Gliddon et Norman Rose qui ont assisté à la constitution de la société [23].

À partir de 1956, Peter Janson-Smith est le garant, au sein de la société, de la poursuite des œuvres Bond.

Un problème se pose après la mort de l'écrivain en 1964. Qui va maintenant poursuivre les publications ? Glidrose productions demande en 1972 à Kingsley Amis (1922-1995) d'écrire de nouveaux ouvrages concernant James Bond dans le style du fondateur. Cet écrivain a écrit, dans les années 1960, quelques travaux à propos du personnage « 007 ». Toutefois, la seule histoire d'espionnage de sa main est Colonel San de 1968.

En fait, Amis comprend vite qu'il n'est pas en mesure d'atteindre le niveau des meilleurs Bond de Fleming. Dès lors, il décline rapidement l'honneur.

Le choix de la société se porte alors sur John Gardner (1926-2007). Cet Anglais écrit une vingtaine d'ouvrages concernant le personnage de « James Bond ». Naturellement, ses ouvrages les plus connus sont ceux qui ont été adaptés au cinéma : Permis de tuer (1989) et Goldeneye (2005).

Puis, vu l'état de santé de Gardner, Glidrose productions doit chercher un nouvel auteur. Il s'agit de l'Anglais Raymond Benson (1955-). Sa période débute au milieu des années 1990. Entre ses livres Demain ne meurt jamais (1997) et Le monde ne suffit pas (1999), la société Glidrose productions est transformée en « Ian Fleming productions (IFP). Une nouvelle génération de la famille Fleming prend l'initiative et milite pour une nouvelle approche.

Lors du centième anniversaire de la naissance de Ian Fleming, IFP lance Sebastian Faulks comme nouvel auteur à la Ian Fleming avec le livre Le diable l'emporte [24].

Le grand écran

En 2009, il convient de concéder que les livres de Ian Fleming concernant le personnage de « James Bond » sont devenus un succès commercial [25].

Ian Fleming n'a assisté au succès de l'adaptation de ses livres au cinéma qu'avec les deux premiers films : Dr. No en 1962 et Bons baisers de Russie en 1963.

A travers leur société EON (Everything or Nothing), Albert Broccoli et Harry Saltzman ont produit tous les films Bond à partir de Dr. No (1962), Bons baisers de Russie (1963), Goldfinger (1965), Opération Tonnerre (1965) [26], On ne vit que deux fois (1967), Au service secret de sa Majesté (1969), Les diamants sont éternels (1971), Vivre et laisser mourir (1973), jusqu'à L'homme au pistolet d'or (1974). Chacun de ces films se base sur un livre de Fleming.

Albert Broccoli poursuit alors la route seul avec L'espion qui m'aimait (1977), Moonraker (1979), Rien que pour vos yeux (1981) et Octopussy (1983) [27]. Ces films aussi se basent tous sur les œuvres de Ian Fleming.

Dans Dangereusement vôtre (1985) et Tuer n'est pas jouer (1987), Albert Broccoli va partager le rôle de producteur avec son beau-fils Michael Wilson. Ces deux films sont également liés aux œuvres de Ian Fleming.

À partir du film Permis de tuer (1989), Broccoli et Wilson se basent sur les œuvres de John Gardner, ce qui est également le cas pour Goldeneye en 1995. Dans ce dernier film, le rôle de producteur est assumé par sa fille, Barbara Broccoli.

La période prolongée de six ans entre les deux films est due à plusieurs choses : la critique de Permis de tuer , la mauvaise prestation de Timothy Dalton, plus convaincant comme comédien de théâtre que comme acteur, les litiges juridiques et la mort du scénariste Richard Maribaum. La quête d'un nouvel acteur prend énormément de temps et le choix se porte sur l'Irlandais Pierce Brosnan.

Michael Wilson et Barbara Broccoli poursuivent alors avec de nouveaux films basés sur les œuvres de Raymond Benson : Demain ne meurt jamais (1997), Le monde ne suffit pas (1999) et Meurt un autre jour (2002).

Pour ce dernier film, les producteurs des « James Bond » ont créé la surprise en peuplant de casting de vraies stars. Ainsi, John Cleese succède à « Q » (Desmond Llewelyn jusqu'alors), Madonna interprète la bande originale et joue également un rôle de figurante.

En ce qui concerne les deux films les plus récents, Casino Royale (2006) et Quantum of Solace (2008), il est frappant de constater qu'ils ne se rapportent plus aux œuvres de Fleming ou de ses successeurs.

Pour être complets, nous devons également mentionner deux Bond hors série. Tout d'abord, le Casino Royale de 1967. C'est en fait une parodie du personnage « 007 » avec, entre autres, les acteurs David Niven et Woody Allen.

Ensuite, le Bond américain de 1983 : Jamais plus jamais avec Sean Connery. Après Les diamants sont éternels (1971), cet acteur écossais estime en avoir terminé avec « 007 ». Mais il accepte ce Bond américain et le comeback de Connery se fait au milieu des disputes autour du film Opération Tonnerre . Jamais plus jamais est d'ailleurs en grande partie un remake actualisé de Opération Tonnerre .

Kevin Mc Clory était le producteur de Opération Tonnerre et il a accepté ce travail à condition que les droits du film lui reviennent après dix ans. Mc Clory pense dès lors qu'en 1976, ce sera fait. Par ailleurs, Broccoli n'a pas vraiment réagi au film Casino Royale en 1967.

Cependant, en 1976, Broccoli s'adresse aux tribunaux. Toutefois, juridiquement, les droits de Opération Tonnerre ne sont pas passés de Fleming à Broccoli, pas plus qu'à Mc Clory. Broccoli argumente qu'il s'agit du film et non du livre et que Jamais plus jamais utilise le personnage de Bond qui est propre à la série de films de Broccoli. Le résultat est une affaire de plusieurs années qui, en fait, aboutit au moindre succès commercial du Bond américain.

En outre, la vente par Kevin Mc Clory de ses droits sur Opération Tonnerre au producteur Jack Schwartzman crée aussi la polémique. Ce dernier est le beau-frère de Francis Coppola. Une des questions juridiques qui se pose est de savoir si Mc Clory avait le pouvoir de vendre ces droits.

L'actualité

Cent ans après sa naissance, Ian Fleming est un écrivain de plus en plus célébré. En 2008-2009, une exposition à l' Imperial War Museum  de Londres a été consacrée à Fleming et à sa création de « 007 ». Tout le monde n'a pas droit à cet honneur au Royaume-Uni. Cette année a également été marquée par la production du 22e film EON concernant « 007 » : Quantum of Solace . Même le Royal Mail , la poste britannique, a édité des timbres suite au centième anniversaire de la naissance de Ian Fleming.

Des centaines de millions d'exemplaires d'un ou l'autre des livres écrits par Fleming se vendent dans le monde entier. Avec les revenus cinématographiques et le merchandising, James Bond vaut des milliards [28].

En avril 2008, la correspondance entre Ian Fleming et son dactylo, Jean Frampton, a été vendue aux enchères à Dorchester. Elle a rapporté le montant inattendu de 18 000 euros, sachant que les deux personnes ne se sont jamais rencontrées.

Même le monde académique a sauté dans le train des films Bond. Ainsi, James Chapman [29] s'est plongé dans l'impact sociologique de ce film sur la société. Les films d'espionnage font aussi l'objet d'articles dans les revues scientifiques de renom concernant le renseignement [30].

Le monde historique s'est aussi attaché à l'histoire britannique en rapport avec le phénomène James Bond [31]. De même, les interprètes du rôle de « 007 » ont très bien compris l'importance de l'impact de leur apparition dans le film sur leur carrière professionnelle [32]. Le monde académique et scientifique publie également à propos des nouvelles tendances et limites dans les services de renseignement [33]. Les producteurs des nouveaux Bond peuvent s'en inspirer.

Mais, comme le dit le proverbe : « rira bien qui dira le dernier ». Et c'est Ian Fleming. La tombe de Ian Fleming dans la ville anglaise de Sevenhampton (comté de Wiltshire) mentionne l'adage latin « Omnia perfunctus vitae praemia marces » ou « Après avoir goûté tous les lauriers de la vie, voici le déclin ».



  • [1] Voir à ce sujet les ouvrages suivants : John Cornwell, Hitler's scientists, science, war and the devil's pact , Londres, 2003 ; et Rainer Karlsch, Hitlers bom , Lannoo, 2005.
  • [2] Tom Bower, Nazi gold , Harper Collins, 1997.
  • [3] Jean Ziegler, Die Schweiz, das Gold und die Toten , Bertelsmann, 1997, p. 173.
  • [4] Christopher Creighton, Operation JB , Simon & Schuster, 1996.
  • [5] Raymond Rombout, James Bond all in , Borgerhoff-Lamberigts, 2008, p. 10.
  • [6] R.G. Grant, Britain's security and secret intelligence services , Bison books, 1989, p. 58.
  • [7] Norman Pollar et Thomas Allen, Spy book: the encyclopedia of espionage (2nd edition), Random House, 2004, p. 238-239.
  • [8] Nigel West, At her Majesty's secret service , Greenhill books, 2006, p. 17.
  • [9] United Kingdom: National Intelligence Service Handbook , International Business publications, Washington D.C., 2007.
  • [10] Norman Pillar et Thomas Allen, op. cit ., p. 238.
  • [11] Ibidem, p. 595 et suiv. Le SOE a existé entre 1940-46 et avait pour tâche d'effectuer des actions de sabotage dans les pays d'Europe occupés par les Allemands.
  • [12] Dusko Popov, Spy counterspy , New York, universal editions 1975.
  • [13] Lucas Delattre, Betraying Hitler: the story of Fritz Kolbe, the most important spy of the second world war , Atlantic books, 2006.
  • [14] Kim Philby (1912-1989) a été pendant des années le chef du "Cambridge club" qui espionnait pour le compte de l'Union soviétique au MI-6. Philby s'est enfui pour Moscou en 1961.
  • [15] Le dossier Odessa  a été adapté en 1974 par Ronald Neame avec Jon Voight dans le rôle principal. Le chacal a été dirigé en 1973 par Fred Zinneman. Michael Caton-Jones en a fait un remake en 1997 avec Bruce Willis dans le rôle principal.
  • [16] L'espion qui venait du froid (1963) et Une amitié absolue (2003).
  • [17] Michael Warner, The divine skein: Sun Tzu on intelligence, in: Intelligence and national security (Routledge editions), vol. 21, August 2006, n° 4, pp. 483-492.
  • [18]Rose Marie Scheddon, Intelligence activities in ancient Rome , Frank Cass, 2005.
  • [19] Jean Deuve et Eric Denécé, « Les services secrets au Moyen-âge », Les archives des temps médiévaux , avril 2007, Centre français de recherche de renseignement
  • [20] Normann Polmar en Thoms Allen, op.cit., p. 434 et suiv.
    - Loch K. Johnson, "Spies in the American movies: Hollywood's take on Lese Majesti", Intelligence and  National Security , vol. 23, februari 2008, n° 1, p. 5 et suiv.
  • [21]De nombreuses publications ont paru à propos des ouvrages de Fleming et des films :
    - Lee Pfeiffer et Dave Worrall, The essential Bond , MacMillan, 1998;
    - Lee Pfeiffer et Philip Lisa, The incredible world of 007 , Boxtree Ltd., 1995;
    - Steven Jay Rubin, The complete James Bond movie encyclopedia , Contemporary books inc., 1990;
    - Raymond Rombout, De James Bond saga , Van Halewyck, 2006;
    - Simon Winder, The man who saved Britain , Picador, 2006;
    - John Griswold, Ian Fleming's James Bond: Annotations and chronologies for the Bond stories, Picador, 2006;
    - James Chapman, License to thrill , Tauris publishers, 1999;
    - John Cork et Collin Statz, James Bond encyclopedia , Dorling Kindersley, 2007.
  • [22]Les ouvrages de Ian Fleming sont uniquement édités en recueil en néerlandais en format poche par les éditions Zwarte Beertjes, Amsterdam,  1984
  • [23] Raymond Rombout, James Bond all in, Borgerhoff Lamberigts, 2008, p. 127.
  • [24] Sebastian Faulks, Devil may care , Doubleday, 2008.
  • [25] L'ornithologue James Bond dont Fleming a emprunté le nom pour « 007 », est décédé en 1987.
  • [26] Dans Opération Tonnerre , Saltzman et Broccoli étaient producteurs exécutifs et Kevin Mc Glory producteur pour EON productions.
  • [27] La nouvelle « La sphère d'émeraude » de Fleming fait partie de Octopussy .
  • [28] The James Bond Journal , n° 6, 2008, n° 4.
  • [29] James Chapman, Licence to thrill , I.B. Tauris Publishers, 2007.
  • [30] Cf. Le numéro thématique «Spying in film and fiction », Intelligence and National Security , n° 1, février 2008, vol. 23 (ed. Stan Taylor).
  • [31] Simon Winder, The man who saved Britain , Picador, 2006.
  • [32] Roger Moore, My world is my Bond , Michael O'Mara books, 2008.
  • [33]  Michael Andregg, "Symposium on Intelligence ethics", Intelligence and National Security , n°  3, juin 2009, vol. 24, p. 366 et suiv. ; David Muller, "Improving futures Intelligence", International Journal of Intelligence and  Counterintelligence , n° 3, Fall 2009, vol. 22, p. 382 et suiv.

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