
Notes d'actualité
Pakistan : nouveau chef opérationnel d'Al-Qaida

Ben Laden aurait désigné en septembre un nouveau chef opérationnel chargé des opérations extérieures pour Al-Qaida. Il s'agirait du Pakistanais Ilyas Kashmiri, le leader de la Brigade 313 qui dépend du Laskhar al Zil (« l'Armée de l'Ombre ») . Cette unité est la branche militaire d'Al-Qaida. Elle est présente notamment en Afghanistan. Bien que ses effectifs soient réduits, elle est néanmoins redoutable en raison de la grande motivation et de l'expérience de ses membres. Leurs nationalités sont diverses, comprenant notamment des Saoudiens, des Libyens et quelques volontaires occidentaux.
Né le 10 février 1964, Ilyas Kasmiri participe à la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan en tant d'expert en mines et explosifs. C'est au cours de ces activités qu'il perd un œil.
Après la guerre, il s'engage dans la lutte qui oppose le Pakistan à l'Inde pour le contrôle du Cachemire. C'est ainsi qu'il prend la direction du Harkat-ul-Jihad-al-Islami (HuJI [1]), mouvement soutenu à l'origine par les services de renseignement militaire pakistanais ( Inter-Services Intelligence /ISI). En 1996, il est arrêté par les autorités indiennes et passe deux ans en prison avant de parvenir à s'échapper. Il adhère secrètement à Al-Qaida au début des années 2000.
En 2003, il perd la confiance de ses mentors de l'ISI car il est accusé d'avoir participé à un complot visant à assassiner le président Musharaf. Il est même arrêté et torturé. Libéré faute de preuves suffisantes, il respecte une relative discrétion jusqu'à l'insurrection de la Mosquée Rouge à Islamabad, en 2007, qui tourne au carnage. Il rejoint alors la localité de Razmak, au Nord Waziristan, où il entre en contact avec Mustafa al Yazid, le conseiller financier d'Al-Qaida, qui deviendra ensuite le représentant personnel de Ben Laden en Afghanistan avant d'être tué lors d'un bombardement américain le 21 mai 2010 au Pakistan avec sa femme et ses trois enfants.
Ilyas Kasmiri prend la direction de la Brigade 313 à la mort de son chef Abdullah Said al Libi.
Ses quatre opérations les plus connues sont : l'assassinat de Benazir Bhutto en 2007, le coup de main de Bombay en novembre 2008, l'attaque contre le QG de l'ISI à Lahore en mai 2009 et l'assassinat d'officiers de la CIA sur le camp Chapman en décembre 2009. A chaque reprise, ces actions ont été soigneusement préparées. Les activistes alors impliqués ont fait preuve d'un grand professionnalisme.
Cela est vraisemblablement dû au fait qu'Ilyas Kasmiri aurait servi dans les forces spéciales pakistanaises, ce qu'il a toujours démenti. En tout cas, c'est un adepte des coups de main coordonnés audacieux qui tranchent avec les attentats suicide aveugles et les actions menées par des individus isolés appelés les « loups solitaires ».
Si son affectation aux opérations extérieures d'Al-Qaida se confirme, il faut s'attendre à des opérations de type « commando » qui pourraient avoir lieu principalement en Inde, au Pakistan ou en Afghanistan.
C'est Kasmiri qui aurait programmé des actions de ce type en Europe occidentale et plus particulièrement en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France.
Selon les services américains, des Allemands servant sous ses ordres se préparaient récemment à rentrer au pays pour organiser des actions de type « Bombay 2008 [2] » dans certaines grandes villes européennes. Ce serait les interceptions de leurs communications téléphoniques passées entre le Pakistan et l'Allemagne ajoutées à l'interrogatoire d'un prisonnier en Afghanistan qui auraient attiré l'attention de Washington sur ce projet. La CIA aurait neutralisé une partie des activistes par des tirs de drone effectués dans les zones tribales pakistanaises.
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Toutes les forces de police et de gendarmerie européennes sont conscientes de la menace représentée par des opérations terroristes de ce genre. Les groupes d'intervention ont été profondément réorganisés et entraînés pour pouvoir répondre efficacement à plusieurs assauts simultanés.
Il n'en reste pas moins qu'il est beaucoup plus efficace d'arrêter ces activistes avant qu'ils ne soient passés à l'action. Le seul moyen qui permet d'arrêter ces opérations en amont reste le renseignement. Cela implique également un dispositif judiciaire adapté qui doit permettre de neutraliser les terroristes avant d'avoir la preuve concrète de leurs intentions.