
Dans la presse
Pierre-Marie Giraud, Soutien "très probable" de la DGSE au raid mauritanien, selon des experts, AFP, 23 juillet 2010. PARIS, 23 juil 2010 (AFP) - L'opération menée par la Mauritanie jeudi contre un groupe lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) détenant l'otage français menacé d'une exécution imminente s'est faite avec le soutien "très probable" de la DGSE, selon des expert interrogés vendredi par l'AFP.
Le ministère français de la Défense a affirmé dans la matinée que "des moyens militaires français ont apporté un soutien technique et logistique à une opération mauritanienne destinée à prévenir une attaque d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) contre la Mauritanie".
"Ce soutien militaire français rentre dans le cadre de l'appui que la France apporte aux pays de la région engagés dans la lutte contre le terrorisme", a ajouté le ministère.
"Soutien technique et logistique, cela veut rien dire et tout dire", a commenté auprès de l'AFP un expert, ayant requis l'anonymat. Il a expliqué qu'il n'était "pas possible que la France se lance dans une opération militaire, à l'étranger, sur la base d'un renseignement étranger". "Trop délicat diplomatiquement", a-t-il fait valoir.
Il a exclu ainsi que "les forces spéciales" (unités d'élite des armées, ndlr) soient intervenues dans une telle opération, par essence clandestine.
Cet expert a fait valoir que si des équipes du Commandement des opérations spéciales (COS) sont en Mauritanie depuis plusieurs mois, elles se cantonnent à de la formation et de l'entraînement du Groupement spécial d'intervention (GSI) de ce pays, mais ne font pas "d'opérations du type" de celle de jeudi.
Pour lui, en revanche, des membres du service action (SA) de la DGSE ont "très probablement" apporté leur soutien au raid de jeudi. Mais là, aussi, cet expert prend soin de souligner que le soutien peut revêtir de multiples formes. "Il peut très bien se faire sans avoir à mettre les pieds sur le terrain", a-t-il dit.
Interrogé par l'AFP, Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, a lui aussi évoqué "le soutien très probable" du service action des services secrets français.
"Le groupe attaqué par le GSI mauritanien - avec le soutien très probable du SA de la DGSE - est celui d'Abid Hammadou - alias Abdelhamid Abou Zeid - un des lieutenants de Yahia Djouadi, le commandant de la 9e région d'AQMI qui couvre le Sahel", a-t-il dit.
Le groupe d'Abou Zeid a exécuté en mai 2009, l'otage britannique Edwin Dyer, détenu depuis le 22 janvier 2009.
Quant à savoir si le raid mené contre ce groupe avait pour but de libérer l'otage français, Michel Germaneau, 78 ans, les deux experts ne disposaient d'aucun élément pour le corroborer.
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