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LA PRIORITÉ AU RENSEIGNEMENT, "BONNE CHOSE SUR LE PRINCIPE", SELON UN EXPERT (TROIS QUESTIONS)

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PARIS, 17 juin 2008 (AFP) - La priorité affichée pour le renseignement par le Livre blanc sur la défense est une "bonne chose sur le principe" mais est "un rattrapage" pour ce secteur, "longtemps parent pauvre", estime Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R).



Q : "Comment analysez-vous la priorité au renseignement affichée par le Livre blanc sur la défense?"

R : "C'est une bonne chose sur le principe car un Livre blanc parle enfin du renseignement mais aussi un rattrapage pour ce secteur longtemps parent pauvre de la défense. C'est également un affichage qui ne doit pas cacher l'importance des restrictions sur le budget de la défense. Car le renseignement n'a de valeur que si les moyens d'action pour l'exploiter sont disponibles".



Q : "Que pensez-vous de la création du poste de coordonnateur du renseignement à l'Elysée?".

R : "C'est aussi une bonne chose mais c'est la définition future du poste (par un décret, ndlr) qui sera déterminante. L'ambassadeur Bernard Bajolet, qui va occuper ce poste, devra orienter les missions des services de renseignement civils et militaires et vérifier que les objectifs sont atteints. Le renseignement français a davantage besoin d'orientation et d'arbitrage que de coordination. Cela dit, malgré les qualités indéniables de M. Bajolet, il aurait peut-être mieux valu que ce poste soit confié à un vrai technicien alors que le plus grand service de renseignement français est déjà dirigé par un diplomate (l'ambassadeur de France Pierre Brochand est le directeur général de la sécurité extérieure, 4.500 agents)".



Q : "Pouvait-on encore aller plus loin dans cette réorganisation du renseignement?"

R : "C'est une réforme inachevée. Il aurait fallu fusionner la Direction du renseignement militaire (DRM, 1.800 personnes) et la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD, 1.400 personnes, ex-Sécurité militaire) pour faire un outil à la fois de renseignement d’ordre tactique ou stratégique militaire et de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. L'actuel patron de la DPSD, le général Denis Serpollet, a d'ailleurs depuis trois ans redéployé ses moyens sur la base de la doctrine de lutte TESSCO : Terrorisme, Espionnage, Subversion, Sabotage, Criminalité Organisée".



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