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GB-ATTENTATS-AIR-1AN,PREV. TERRORISME AÉRIEN: LE DANGER DES LANCE-ROQUETTES (DOSSIER, PAPIER D'ANGLE)

Par Pierre-Marie GIRAUD, PARIS, 3 juil 2006 (AFP)

PARIS, 3 juil 2006 (AFP) - Le tir, par des terroristes, d'un missile sol-air contre un avion civil est une menace réelle, mais un simple lance-roquette anti-char pourrait suffire à provoquer un drame, assurent des spécialistes de l'armement et du terrorisme.

Pas besoin de missile sophistiqué, difficile à trouver et à entretenir: une arme de type RPG-7, produite en grande série, facile d'emploi et disponible sur tous les marchés clandestins pourrait, si elle est tirée assez près de l'appareil au décollage ou à l'atterrissage, entraîner la destruction de l'avion.

Début juin, la justice helvétique a annoncé avoir déjoué un attentat contre un avion de la compagnie israélienne El Al, précisant qu'au moins sept personnes ont été arrêtées.

Si le procureur général de la Confédération helvétique a assuré qu'aucun explosif ni arme de type lance-roquettes n'avaient été saisis, pour la presse suisse, l'attentat aurait consisté à tirer au lance-roquettes, depuis l'extérieur de l'aéroport, sur un avion israélien décollant ou atterrissant à Genève.

"Il n'y a pas de brouillage possible contre un RPG-7", explique à l'AFP Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), qui vient de publier, avec Sabine Meyer, "Tourisme et terrorisme" (Ellipses).

Seuls les aéronefs militaires, les avions présidentiels des grands pays, comme Air Force One du président Bush et quelques avions de la compagnie israélienne El Al, sont équipés de systèmes pour se protéger des missiles sol-air (brouilleurs et leurres pyrotechniques).

Un rapport de l'institut de recherches américain RAND Corporation publié en 2005 a évalué à 11 milliards de dollars le coût de l'installation de systèmes anti-missiles sur les 6.800 avions commerciaux américains. Une protection qui, de toute façon, serait donc inefficace contre une simple roquette.

S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un responsable de la lutte anti-terroriste ajoute que ces armes, déjà utilisées par des malfaiteurs pour attaquer des fourgons blindés, se négocient pour quelques milliers d'euros dans les réseaux mafieux de l'Europe balkanique.

De plus, ajoute Eric Denécé, le RPG-7, une arme à l'origine soviétique produite à des centaines de milliers d'exemplaires, se conserve sans problème de longues années contrairement aux missiles sol-air portables de type Strela ou Igla qui ont besoin d'une pile, à la durée de vie limitée, pour être mis en oeuvre.

"Personne n'est en mesure de dire combien de ces missiles sol-air sont encore en circulation, soit dans les armées régulières, soit dans les mouvements de libération ou les organisations terroristes", remarque un spécialiste des armements. La "cote" de ces missiles, qui s'autodirigent vers la source de chaleur émise par les réacteurs d'un avion, va de 10.000 euros pour un SA-7 ( 2.500 mètres d'altitude) à plus de 50.000 euros pour un SA-18 (près de 4.000 mètres).

Deux missiles SA-7 ont été tirés en novembre 2002 près de l'aéroport de Mombasa (Kenya) contre un avion de la compagnie israélienne Arkia sans l'atteindre. Un an plus tard, le 22 novembre 2003, un Airbus A-300 de la compagnie allemande de courriers rapides DHL était touché, au niveau de l'aile gauche, par un missile, peu après son décollage de Bagdad, contraignant l'appareil à atterrir en urgence. Un SA-7 et un SA-14 avaient été tirés.

En matière de sûreté aérienne, conclut ce responsable de la lutte antiterroriste, "il faut empêcher les terroristes de monter dans l'avion et ... de s'approcher des pistes des aéroports".

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Par Pierre-Marie GIRAUD, PARIS, 3 juil 2006 (AFP)


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