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CORSE-TERRORISME-JUSTICE-POLICE. LA LUTTE ANTITERRORISTE EN CORSE PASSÉE AU CRIBLE PAR UNE CHERCHEUSE

PARIS, 17 mars 2006 (AFP) - Une chercheuse a passé au crible la lutte antiterroriste en Corse depuis l'assassinat du préfet Erignac en 1998, relevant "concurrence" entre les services sur le terrain et "mise en retrait de services traditionnellement compétents au profit de nouveaux acteurs".

Intitulé "Spécificités de la gestion organisationnelle de la lutte antiterroriste en Corse", ce rapport de 50 pages est publié vendredi sur le site (www.cf2r.org) du Centre français de recherche sur le renseignement. Son auteur Nathalie Cettina, docteur en droit, a publié plusieurs ouvrages sur l'organisation judiciaire et policière antiterroriste.

Après l'assassinat du préfet, la "quête par les responsables politiques de succès à afficher rapidement a eu, à plusieurs reprises, une incidence" sur l'organisation de la lutte antiterroriste, "se traduisant par des choix" qui ont provoqué "concurrence, rivalités, mises en retrait ou dissensions", écrit Nathalie Cettina.

Elle relève deux tendances depuis 1998. La première, la "tentation d'une enquête parallèle et l'apparition de concurrence entre les services opérationnels sur le terrain" avec la création d'une "usurpation de compétences". La chercheuse cite la "centralisation de la gestion du dossier corse" auprès du Premier ministre Lionel Jospin et l'action du préfet de région Bernard Bonnet.

"Des leçons sont à tirer sur l'erreur de gestion politique, dans la mesure où les autorités ont créé les conditions propices aux clivages et concurrences" entre services, ajoute la chercheuse, soulignant "la nécessaire stabilité du dispositif antiterroriste par l'unité de commandement et la coordination politico-opérationnelle".

La seconde tendance relevée est celle de la "mise en retrait des services traditionnellement compétents au profit de nouveaux acteurs". Cette tendance est illustrée par la traque d'Yvan Colonna qui a vu "la mobilisation du RAID en première ligne et la mise à distance" de la Direction nationale antiterroriste (DNAT).

Elle s'est également illustrée par l'enquête contre les activités financières de Charles Piéri, dont le choix de confier l'enquête aux magistrats et aux policiers financiers a provoqué "une réticence et une incompréhension des services antiterroristes, en raison du caractère hybride des faits reprochés : délinquance financière et terrorisme".

pmg/sba


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