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NOTE HISTORIQUE N°2
LA GUERRE DU RENSEIGNEMENT EST CONTRE OUEST PENDANT LA GUERRE FROIDE

Gérald Arboit
01-05-2007

L’International Intelligence History Association (IIHA) a tenu sa treizième rencontre annuelle du 20 au 22 avril 2007 dans la charmante petite ville endormie d’ex-République démocratique allemande, au riche passé historique, Weimar. Une occasion pour la petite communauté internationale des chercheurs sur le renseignement de se retrouver, en compagnie d’anciens agents des services occidentaux. Un représentant du KGB, collaborateur de longue date de l’IIHA, a été décommandé en dernière minute, retenu en Russie sur injonction du FSB. Le thème de la rencontre était centré sur « la guerre du renseignement » pendant la période de Guerre froide, de 1945 à 1990. Onze intervenants, dont un représentant du Centre Français de Recherche sur le Renseignement et un ancien directeur du renseignement militaire (DRM), se sont succédés à la tribune. La Yougoslavie de Tito (1948-1954), la Baltique (1945-1990), le Moyen-Orient (1967-1973), la Corée mais aussi les reconnaissances aériennes américaines et britanniques (1950-1968), la vision du monde du KGB et le contre-espionnage américain (1962-1973) étaient au programme.

Après une présentation intéressante, par le jeune chercheur hongrois Lásló Ritter, des violations de frontières et des tentatives d’incursion du Pacte de Varsovie, sous Staline, dans la Yougoslavie de Tito, l’ancien du chef d’état-major du Joint Intelligence Committee, devenu historien des services de renseignement britanniques, Michael Herman, s’est demandé si le renseignement avait été un « instrument de paix ». Affirmant que la Guerre froide avait été une « guerre des espions », dans la mesure où les gouvernements tirèrent une bonne partie de leur légitimité des informations ainsi produites sur la « partie adverse », il s’est demandé si les excès du renseignement ne l’avaient pas, au final, prolongée inutilement. Quels furent-ils ? Le maintien « en temps de paix » des structures et des méthodes développées pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ainsi le renseignement électromagnétique permit aux belligérants de suppléer aux limites des reconnaissances aériennes. Les Anglo-Américains y ont laissé une vingtaine d’avions et ont du multiplier les alliances pour installer des bases (Royaume-Uni, Turquie, Chypre, Berlin) ; les Soviétiques étaient plus mal lotis, dans la mesure où ils ne disposaient d’aucunes bases hors de leur pré-carré, à l’exception notable de Cuba. La Guerre froide fut également marquée par un recours aux opérations clandestines ; elles ont contribué à la disparition de deux empires : les empires coloniaux et celui d’Union soviétique, comme l’ont démontré les exemples polonais et afghans. Mais la Guerre froide a eut deux autres incidences sur l’évolution du renseignement. Tout d’abord, elle a considérablement accru les possibilités de connaissances de la « partie adverse ». La qualité de l’information recueillie sur les objectifs militaires en Allemagne du Nord est impressionnante. De même, le jeu de l’espionnage et du contre-espionnage a amené chaque camp à développer une représentation intellectuelle de l’autre. Cela a conduit les Soviétiques à tenter de pénétrer, coûte que coûte, les institutions de l’Alliance atlantique, tandis que les Américains se laissaient aller à craindre d’être victime d’une opération de deception. Dernière évolution, et non des moindres, elle a amené un perfectionnement des capacités d’analyse. Il n’est qu’à voir la somme des estimations de la CIA sur l’Union soviétique, au point qu’en 1978, elle a pu se permettre de charger une équipe (Team B) de reprendre l’analyse avec des paramètres différents…
Toutefois, il ne conviendrait pas de s’illusionner plus avant sur les mérites de la Guerre froide pour le renseignement. Michael Herman a estimé qu’un tiers des informations recherchées sur l’Union soviétique avait été obtenu, les deux autres tiers demeurant incomplets ou ignorés. La surestimation du parc de missiles intercontinentaux soviétiques (Missile Gap) en est l’exemple le plus connu. Et ce, bien que le renseignement d’origine imagerie (ROIM) ait changé les capacités d’estimation. Ces limites trouvent leur origine dans l’action diplomatique, qui généra une image générale de l’Union soviétique non fondée sur les résultats du renseignement, mais sur une peur suffisamment imprégnée en Occident qu’elle discréditait tous les apports des services américains et britanniques. Désirant finir son propos sur une note optimiste, l’ancien agent britannique rappela que le renseignement avait permis aux gouvernements occidentaux de gérer au mieux la Guerre froide, c’est-à-dire d’éviter un holocauste nucléaire…
Un ancien agent du BND rappela à la suite de cet exposé que, pendant la Détente (1962-1975), le gouvernement fédéral allemand avait forcé l’agence de renseignement ouest-allemande à utiliser les données statistiques publiées officiellement en Allemagne de l’Est. Aussi les agents reprenaient-ils les informations du Neues Deutschland, le quotidien du Parti communiste est-allemand, se contentant d’y appliquer le tampon « Geheim » (Secret).

Ancien chercheur au Militargeschichtliches Forschungsamt de Potsdam, spécialiste en stratégie aérienne plutôt qu’en renseignement, Horst Boog présenta une communication sur les reconnaissances aériennes de la Guerre froide. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Occidentaux ne pouvaient plus se contenter des traditionnelles missions de reconnaissance aérienne. A plus forte raison après le blocus de Berlin, qui précipita le monde dans la Guerre froide, il leur était nécessaire de savoir en permanence ce qui se passait en Union soviétique. Après l’incursion chinoise en Corée, en novembre 1950, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne développèrent un programme d’observation aérienne. B47, RB50 et autre Avro Shackleton parcoururent en permanence les airs, découvrant notamment les opérations de construction du site de Tula, où seraient assemblés les bombardiers stratégiques soviétiques. La Royal Air Force participa à ces missions en avril 1952 et avril 1954. Puis l’observation aérienne fut exclusivement américaine.
Le nouveau président américain, Dwight David Eisenhower, était revenu de son poste à l’OTAN très sensibilisé de la nécessité d’une reconnaissance au-dessus de la partie adverse. En 1954, il convainquit Allen Dulles, directeur de la communauté américaine du renseignement et de la CIA, de l’utilité du programme U2. Mais, dans le même temps, il proposa aux Soviétiques, en 1955, l’option « ciel ouvert », c’est-à-dire une ouverture commune des espaces aériens de chacun. Naturellement, Nikita Khrouchtchev refusa. Et les bases du Strategic Air Command, en Alaska et outre-mer, de l’US Air Force, à Wiesbaden, ou de la Far East Air Force, en Corée, commencèrent leurs opérations, expédiant leurs aéronefs dans un rayon de neuf cents mille nautiques au-dessus du territoire de la partie adverse. A chaque fois, les Soviétiques protestèrent diplomatiquement.
Mais chaque vol de U2 au-dessus de l’Union soviétique permettait de parfaire les capacités de détection des vols à haute altitude. Le 1 er mai 1960, le plus expérimenté des pilotes de U-2 décolla de la base de Peshawar au Pakistan pour un vol qui devait le mener à Bodø, en Norvège. Gary Powers fut touché au-dessus de Sverdlovsk par la défense anti-aérienne soviétique. Il s’agissait du vingtième et dernier vol du U2 au-dessus de l’URSS ; des vols se poursuivirent au-dessus de pays à faible potentiel militaire, comme Cuba. Le 14 octobre 1962, un U-2 rapporta des photos mettant en évidence l’installation dans l’île de missiles offensifs de fabrication soviétique. Peu après, les reconnaissances satellitaires réalisait l’espoir américain de « ciel ouvert »…

David Robarge, historien en chef de la CIA, développa dans sa communication une étape intermédiaire, celle du projet de l’avion supersonique SR-71/A12. Dans la mésaventure de Gary Powers, ce qui surprit le plus les autorités américaines ne fut pas qu’il fut abattu, mais que cela ait pris autant de temps… Cette éventualité avait en effet été envisagée dès le début. Il fallut quatre ans, en février 1964, pour qu’un programme alternatif d’avion, le SR-71, volant plus haut et plus vite plutôt que réellement furtif, fut mis en œuvre. Il se rendit responsable de 75 % des déclarations relatives aux OVNI…
En décembre 1966, l’administration Johnson jugea ses résultats insuffisants et décida d’y mettre fin. Pendant encore deux années, jusqu’en juin 1968, le SR-71/A12 de la CIA accomplit encore des missions au-dessus de l’Union soviétique (nucléaire), de la mer Baltique (renseignement électronique), de la Chine (vols sans pilote – MZI/DZI –, tel un drone), de Cuba (Skylack), la Corée du Nord (après l’incident du Pueblo, le 26 janvier 1968) mais surtout du Vietnam (Blackshield, à partir de la base d’Okinawa). Tous les drones survolant la Chine furent abattus, ainsi qu’un Skylack pendant la crise des missiles cubains. Les vols au-dessus du Vietnam ne furent pas repérés avant le quatrième, déclenchant un tir de missile SAM en octobre 1967. La dernière mission du SR-71 de la CIA intervint en juin 1968. Il n’a jamais été atteint. Suivirent les B1B et les B2, qui participèrent encore lors de la Première Guerre du Golfe…

Dans une troisième présentation sur le renseignement technologique, l’ancien contre-amiral de la Bundesmarine, Sigurd Hess, présenta quant à lui les conflits de la Guerre froide dans la mer Baltique. Les Soviétiques considéraient cet espace comme un mare clausum, dont ils contrôlaient directement tout le rivage sud. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, entre 1945 et 1946, alors que la mainmise soviétique se faisait sur l’Europe orientale, des réfugiés arrivèrent en Suède, où les services de renseignement de ce pays neutre les utilisèrent comme agents d’infiltration. Des patrouilleurs côtiers suédois furent ainsi pris à parti par la marine soviétique, jusqu’en 1952. Les programmes de reconnaissance aérienne anglo-américains, depuis la Grande-Bretagne et Wiesbaden (à compter de 1956) passèrent aussi au-dessus de la Baltique. La CIA et le MI6 mirent également en œuvre des opérations clandestines (Red Sox, Jungle), de parachutage ou de débarquement, dont l’organisation Gehlen, à partir de 1952, sous la couverture du Baltic Fishery Protection Service (BBFPS), assura le volet maritime. Treize infiltrations par la mer eurent lieu entre 1949 et 1955, dont deux en Pologne par ballon (1952 et 1953). Le contre-espionnage soviétique arrêta systématiquement les agents, qui furent au mieux renvoyés. Une opération, qui conduisit à l’annulation du programme, entraîna une bataille navale. La BBFPS développait également des capacités de renseignement électromagnétique (SIGINT).
Dans le même temps, en 1953, un détachement SIGINT allemand embarqua sur les navires de l’US Navy et croisa dans la Baltique. Trois ans plus tard, la Bundesmarine entrait en scène pour des missions de Stationary Naval Intelligence ; elle coopérait avec les Danois pour assurer une surveillance complète et récupéra les éléments de l’organisation Gehlen en 1962. La « guerre du renseignement » dans cette région se concrétisa, à compter de cette époque, par des abordages soviétiques et des collisions. Lorsque des moyens aériens du Marine Patrol Aircraft étaient engagés, il fallait s’attendre à ce que les Soviétiques tirent… Deux transfuges à destination de l’Allemagne démocratique, un ingénieur d’IBM du nom de Gebaert, et un officier de marine, Kudlinger, causèrent en 1969 un sérieux dommage aux activités ouest-allemande dans la Baltique.
Dans les années 1980, les Etats-Unis décidèrent de mettre en œuvre les BALTOPS (Baltic Operations), destinées à montrer combien la navigation dans cette mer était libre, ce qui engendra parfois une nouvelle série d’incidents. En 1989, la Bundesmarine fut autorisée à mouiller à Leningrad, où elle put constater l’état de délabrement de la flotte soviétique. Entre janvier et août 1990, les deux marines allemandes cessèrent de se considérer comme étant antagonistes. La Guerre froide se terminait sur un constat défavorable à l’Occident, qui ne se montra pas à la hauteur des opérations humaines de renseignement des forces de l’Est.

Intervenant après la présentation de Gérald Arboit, directeur de recherche au CF2R, qui parla de la psychose des « taupes » qui frappa la communauté occidentale du renseignement depuis Washington, Ben De Jong, de l’Université d’Amsterdam, aborda la dimension cognitive du KGB. Essayant de définir la vision du monde qu’avait l’agence de renseignement soviétique, il montra combien elle reposait sur des présupposés paranoïdes et conspirationnistes. Ils concernaient aussi bien l’intérieur que l’extérieur, s’affirmant par un refus de toute coïncidence des faits puisque leur origine se trouvait dans le contact des « étrangers ». Cet état d’esprit, qui se retrouvait à tous les échelons du KGB - à de rares exceptions près - entretenait la méfiance envers l’Occident. Un événement de la seconde Guerre froide, à partir de l’échec de la « Détente », témoigna de cette tournure d’esprit. En 1981, le lancement de l’opération Ryan reposait sur le sentiment qu’une attaque nucléaire menaçait l’Union soviétique … qui ne disparut qu’en 1991 ! Pourtant, des indices montraient, comme le rapporta le transfuge de haut rang Oleg Gordievski, que « les officiers du KGB à l’étranger doutaient de la valeur de Ryan ». Elle ne témoignait en fait que des peurs d’une pénétration par des « agents d’influence », c’est-à-dire à la solde de la CIA, orientant la politique soviétique dans un sens favorable à l’Occident.
Ces données témoignent de la qualité du renseignement soviétique, qui connut d’importants succès dans la première moitié du XX e siècle. Mais, après les purges de l’ère stalinienne, l’agence n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été. Ses analyses reflétaient, pour reprendre l’expression de Christopher Andrew et VassiliMitrokhine, le « politiquement correct ». Elles devaient obligatoirement être suspicieuses quant aux agissements de l’Ouest pour trouver quelque crédit auprès des dirigeants. Qu’il s’agisse de l’aveuglement quant à l’invasion allemande de juin 1941 ou de Ryan , l’échec ne se trouvait pourtant pas du côté du renseignement, mais prioritairement d’une faillite de la direction politique. En contrepoint, le renseignement technologique fut plutôt performant…

Dernier point de vue concernant la Guerre froide, celui de Matitiahu Mayzel, de l’université de Tel-Aviv, concernant l’implication soviétique dans les deux guerres israélo-arabes de 1967 et 1973. Jusqu’en 1977, le Moyen-Orient composa en effet un second front de la Guerre froide. L’interrogation liminaire de l’universitaire israélien se résumait ainsi : pourquoi, dans les premiers jours de mai 1967, y eut-il autant de signaux soviétiques en Egypte (ambassadeur, résident du KGB, officiers de renseignement au Caire, Anwar al Sadate, ministre des Affaires étrangères égyptien, quittant précipitamment Moscou) avertissant d’une attaque israélienne contre la Syrie ?
Le résultat de ces signaux fut que le 14 mai 1967, l’armée égyptienne traversa à la frontière égypto-israélienne, à la plus grande surprise de l’Etat hébreu. En effet, aucun préparatif de guerre contre la Syrie n’existait. Le chef d’état-major des armées égyptiennes put s’en rendre compte lors de sa mission d’observation en Syrie. Si le renseignement tactique israélien pouvait prévoir la pièce qui allait se jouer, le renseignement stratégique restait dans l’expectative. Les mêmes interrogations animaient les discussions au Conseil de sécurité des Nations unies, dont le sujet était justement le blocus d’Aqaba par l’Egypte. Les Soviétiques, d’après les mémoires publiées depuis 1990, n’étaient pas portés sur une action belligène. Aux Etats-Unis, le département d’Etat et le CIA, estimaient qu’Aqaba pouvait être considéré comme un casus belli pour Israël ; en fait, leur position était conditionnée par la réaction soviétique. Stratégiquement, Aqaba ne représentait pas vraiment un enjeu majeur, au contraire du Sinaï. Dans la pensée américaine, le véritable deuxième front de la Guerre froide était en fait le Vietnam, et les instances politiques et de renseignement étaient divisés, concernant le Moyen-Orient, entre pacifisme et bellicismme. Le seul point où ils firent preuve de réalisme fut l’estimation d’une victoire israélienne rapide : de six/huit jours à dix/quinze jours.
Quelle fut réellement l’implication soviétique ? Après avoir remarqué que ce genre d’avertissements était chose fréquente - mais auprès d’Israël plutôt que des pays arabes, et toujours diplomatiquement - Matitiahu Mayzel évoqua une auto-intoxication des services de renseignement soviétiques. L’ouverture d’un nouveau front pouvait soulager le Nord-Vietnam, qui venait d’enregistrer de sérieux revers. A moins qu’il ne s’agisse d’un effet d’une lutte d’influence entre l’appareil d’Etat soviétique (Etat et Parti communiste), au moment où il changeait de ministre de la Défense, et le KGB, où arrivait un nouveau directeur ? Ou encore une manœuvre iranienne, alors que cet Etat chiite s’armait à Moscou tout en se rapprochant d’Israël et en déplorant l’action égyptienne au Yémen ?
Le 18 juillet 1972, devenu président, Sadate expulsait les conseillers soviétiques présents en Egypte, ce qui allait entraîner la baisse de l’information et de l’influence soviétiques dans la région. En octobre 1973, deux jours avant l’attaque surprise syro-égyptienne, le renseignement israélien nota que le personnel soviétique à Damas et au Caire pliait précipitamment bagage. Indéniablement, cela était l’avertissement d’un événement majeur. Puis apparurent des photos du chef de l’Etat égyptien devant des images satellites présentant la concentration des troupes israéliennes au-delà du canal de Suez. Problème : aucun satellite soviétique ne pouvait être à l’origine de ces clichés ! Par contre, une retraite égyptienne correspondait bien aux objectifs américains. Ces deux confits majeurs de la Guerre froide au Moyen-Orient montrent combien le Grand Jeu de la diplomatie secrète américano-soviétique est une donnée incontournable à qui veut savoir si le renseignement fut un « instrument de paix ».

David Robarge rebondit sur la question de la surprise, en rappelant que Pearl Harbor fut une surprise stratégique, alors que le 11 Septembre 2001 en fut une tactique. Le général André Ranson, ancien directeur du renseignement militaire (DRM), présenta ensuite l’implication du renseignement dans la recherche des criminels de guerre en Bosnie, après la fin de la Guerre froide. Il détaila notamment les difficultés d’action lorsque sont engagés des services pourtant alliés. Un ancien agent du BND a confirmé ces réflexions quant aux opérations internationales de renseignement en soulignant particulièrement l’écueil que représente l’intérêt national. Il se justifie par la volonté de préserver ses capacités et ses objectifs de renseignement, mais porte en lui une volonté d’exploiter à son propre bénéfice la soudaine démultiplication des ressources que semble offrir la collaboration. L’ancien vice-président du Parlement européen, Gerhard Schmid, a présenté pour sa part les résultats de ses travaux parlementaires sur le réseau Echelon. Un ancien agent du BND souleva quant à lui la mutation du renseignement depuis la fin de la Guerre froide. Jusqu’en 1990, il s’agissait d’offrir au décideur ce qu’il avait « besoin de connaître » (Need to Know). Depuis, il semblerait qu’il s’agisse aujourd’hui de lui offrir tout ce qu’il peut avoir « besoin de partager » (Need to Share)…


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